Dernière mise à jour : 28 juillet 2026 à 7 h 24
En Gironde, des pins sacrifiés pour contenir un feu encore imprévisible
Pour les habitants, les vacanciers et les entreprises du Sud-Ouest, l’incendie de Gironde reste une menace immédiate malgré une nuit plus calme. Le feu, parti de Saumos le 22 juillet, a déjà parcouru 42 000 hectares et provoqué l’évacuation de 220 000 personnes. Sa stabilisation ne signifie pas son extinction : le retour d’une chaleur pouvant atteindre 40 °C et la baisse de l’humidité peuvent favoriser de nouvelles reprises.

Ce qui se passe
Les secours combattent un mégafeu qui se déplace dans plusieurs directions à travers les pinèdes girondines. Selon le suivi publié par franceinfo, plusieurs reprises ont été traitées durant la nuit au nord du Porge et près du Cap-Ferret, sans nouvelle extension de la surface brûlée. Le bilan fait aussi état de 93 pompiers blessés.
Sur le terrain, des bandes pare-feu de plusieurs dizaines de mètres sont ouvertes à travers les pins. Cette méthode consiste à supprimer volontairement des arbres et de la végétation pour priver les flammes de combustible. Autour de la route départementale 5, près de Sainte-Hélène, camions, tracteurs et véhicules tout-terrain transportent de l’eau et du matériel vers le front.
Le feu est qualifié de « stabilisé » en Gironde, mais il n’est pas fixé. Autrement dit, son évolution est temporairement contenue sans que tout risque de propagation soit écarté. Dans les Landes, le foyer de Biscarrosse a été déclaré fixé après avoir brûlé 3 600 hectares et entraîné l’évacuation de 30 000 habitants.
Le contexte
Au Porge, commune partiellement détruite, le maintien des barrages et l’impossibilité de rentrer nourrissent aussi la colère de certains habitants. À Arès, des familles parties en urgence restent hébergées loin du bassin d’Arcachon, sans date de retour annoncée.
La crise dépasse désormais la seule lutte contre les flammes. Les évacuations ont mis à l’arrêt le tourisme, des commerces et des sites industriels. Le ministre de l’Économie a indiqué que 13 000 entreprises se trouvaient dans les zones évacuées. Les campings ont fermé les uns après les autres, tandis que les déplacements routiers et ferroviaires sont fortement perturbés.

La progression vers l’agglomération bordelaise a également placé plusieurs installations sensibles sous surveillance. Autour de Mérignac, de Saint-Médard-en-Jalles, du Haillan et de Cestas se trouvent des sites liés à la chimie, à l’aéronautique, à la défense et à la recherche. Le Service départemental d’incendie et de secours dispose d’une cartographie des risques et des effets possibles d’une arrivée du feu sur chaque site.
Cette phase prolonge une crise décrite dès les premières évacuations en Gironde et à Biscarrosse. Depuis, l’ampleur du sinistre a changé d’échelle, avec des centaines de milliers de personnes déplacées et des communes durablement coupées de leurs habitants.
Le dernier changement
L’attention se concentre maintenant sur la météo. La Gironde et les Landes sont placées en vigilance jaune canicule, avec des températures susceptibles d’atteindre 40 °C mercredi. Les vents pourraient être moins forts, mais plus secs, tandis que l’hygrométrie — la quantité d’humidité présente dans l’air — doit baisser. Cette combinaison assèche davantage la végétation et complique la maîtrise des lisières encore chaudes.

Les autorités maintiennent donc les évacuations et demandent aux touristes de reporter leurs déplacements en Gironde. Aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux, sauf vers Agen et Toulouse, et l’autoroute A63 reste fermée entre Bordeaux et Bayonne. Les manifestations sportives et culturelles sont interdites, tout comme certaines activités nautiques.
Ce que cela implique
Pour les personnes évacuées, la priorité reste de ne pas regagner les secteurs interdits. À Mérignac, les quartiers de Beutre et de Beaudésert situés à l’ouest de la rocade restent concernés. Le Parc des expositions de Bordeaux peut accueillir jusqu’à 10 000 personnes, avec des espaces de repos, des repas, des douches et une zone destinée aux animaux.
Les fumées constituent un second risque. La ville recommande de limiter les déplacements, de fermer portes et fenêtres, d’éviter les efforts physiques et de privilégier un masque FFP2 pour les personnes fragiles. En cas de détresse grave, il faut appeler le 15. La cellule d’information publique est joignable au 09 70 80 90 40.
La mobilisation s’étend au-delà de la Nouvelle-Aquitaine. Des ambulanciers lozériens et des équipes du CHU de Montpellier ont renforcé l’évacuation des personnes dépendantes. Des agriculteurs travaillent aux côtés des pompiers, tandis que l’armée allemande a annoncé l’envoi d’hélicoptères et de matériel pour une première durée de cinq jours.
Ce qui reste incertain
La cause initiale du départ de feu à Saumos n’est pas indiquée dans les informations disponibles. Le calendrier de retour des habitants n’est pas davantage fixé. Les autorités n’ont pas annoncé quand les routes, les lignes ferroviaires, les entreprises et les activités touristiques pourront reprendre normalement.
Le principal point d’incertitude concerne désormais la réaction du feu au nouvel épisode de chaleur. Une nuit calme et une surface brûlée stable constituent un répit opérationnel, pas une garantie. Tant que les foyers ne sont pas fixés, une reprise peut imposer de nouvelles évacuations ou prolonger les interdictions.
Questions fréquentes
Combien d’hectares ont brûlé en Gironde ?
Environ 42 000 hectares avaient brûlé au 27 juillet 2026.
Le feu est-il maîtrisé ?
Il est stabilisé en Gironde, mais pas fixé. Des reprises restent possibles.
Combien de personnes ont été évacuées ?
Les sources font état de 220 000 personnes évacuées en Gironde.
Pourquoi la chaleur inquiète-t-elle les pompiers ?
Des températures proches de 40 °C et un air plus sec peuvent assécher la végétation et favoriser les reprises.
Peut-on retourner dans les zones évacuées ?
Non. Les habitants doivent attendre l’autorisation officielle et suivre les consignes des forces de l’ordre.
Quels sont les principaux effets sur les transports ?
L’A63 est fermée entre Bordeaux et Bayonne et les TGV au sud de Bordeaux sont fortement limités.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
