Villeneuve-d’Allier : 109 hectares ravagés par un feu d’une violence rare en Haute-Loire
Dernière mise à jour : dimanche 28 juin 2026 à 21 h 07
1 200 mètres par heure : c’est la vitesse de propagation relevée par les secours lors de l’incendie qui a frappé Villeneuve-d’Allier, en Haute-Loire. En vingt-quatre heures, le feu a détruit 109 hectares de forêt et de végétation, menaçant des habitations et mobilisant jusqu’à 200 à 250 pompiers selon les bilans publiés dimanche. Dans ce secteur des gorges de l’Allier, l’épisode marque un changement d’échelle : les responsables du SDIS décrivent un comportement de feu plus souvent associé aux zones méditerranéennes.

Ce qu’il faut retenir
- L’incendie s’est déclaré samedi 27 juin en début d’après-midi sur la commune de Villeneuve-d’Allier, près de Lomenède et des gorges de l’Allier.
- Le bilan communiqué dimanche soir fait état de 109 hectares de forêt et de végétation détruits.
- Le feu a progressé jusqu’à 1 200 mètres linéaires par heure, une vitesse jugée inhabituelle pour le département.
- Cinq Canadairs, deux Dash, un hélicoptère Dragon 63, environ 70 à 80 engins et des colonnes de renfort ont été engagés.
- L’origine du sinistre reste inconnue ; une enquête doit être menée par les militaires de la COB de Brioude avec une cellule d’investigations.
Le déroulé des faits
L’alerte a été donnée samedi 27 juin à 13 h 56, après le signalement de fumées importantes par des habitants de Villeneuve-d’Allier. En trente minutes, huit engins et vingt-huit sapeurs-pompiers étaient déjà mobilisés. Les premiers secours venus de Lavoûte-Chilhac ont rapidement fait remonter l’ampleur de la progression : en une heure, un hectare était parti en fumée, puis le feu a pris une dimension bien plus large.
Le relief a pesé lourd dans la lutte contre les flammes. Selon Totem Radio, les températures élevées, la végétation très sèche, le vent du sud et un terrain pentu ont favorisé l’avancée de l’incendie. Dimanche matin, le feu était encore actif, avec des lisières sous tension et des routes fermées pour faciliter l’intervention, notamment la RD 171 entre La Vialette et Saint-Just-près-Brioude.
Compte tenu du fait que le feu avançait très rapidement , soit 1 200 mètres linéaires par heure, il était primordial que nous attaquions vite et fort.
La réponse a donc changé de dimension. Selon Le Progrès, cinq heures après le premier appel, quatre-vingts engins et environ deux cents pompiers étaient engagés. Des renforts de l’Ain, de l’Isère, du Cantal et de Haute-Savoie sont venus épauler les équipes locales. Les moyens aériens ont également été déterminants : cinq Canadairs ont été mobilisés sur une flotte de douze, avec des Dash et le Dragon 63 pour l’observation et le commandement.

Le feu a menacé des habitations et plusieurs hameaux, dont Breynat, Tiveyrat et Lomenède. À Villeneuve-d’Allier, Jean-Luc Naudin a retrouvé son atelier détruit, tout près de sa maison. Les pompiers ont choisi de protéger l’habitation en priorité, une décision qui a permis d’éviter un drame matériel plus lourd. Deux pompiers ont été victimes de coups de chaud selon Le Progrès ; l’un a été évacué vers l’hôpital de Brioude, l’autre a repris son poste.
Pourquoi cela compte
Ce sinistre n’est pas seulement un fait divers local. Le colonel Frédéric Robert relie directement cet épisode à une évolution du risque incendie en Haute-Loire : des vitesses de propagation comparables à celles observées en zone méditerranéenne apparaissent désormais dans le département. Il a aussi rappelé que samedi 27 juin correspondait au dixième jour de risque sévère pour les feux de forêts, signe d’une saison marquée par sa précocité.
Pour les habitants des communes rurales et forestières, la conséquence est concrète : vivre près d’un massif implique désormais une préparation plus stricte. Le préfet Yvan Cordier a annoncé un arrêté prévu en octobre sur l’obligation de débroussailler 50 mètres autour des habitations. Cette mesure vise à créer une zone de protection entre les maisons et les strates de végétation qui, dans certains hameaux, touchaient les volets de bâtiments.

La mobilisation locale a aussi pesé dans la maîtrise du sinistre. Des agriculteurs ont aidé les secours grâce à leur connaissance du terrain, des voies d’accès et de l’approvisionnement en eau des camions-citernes feux de forêts. Les municipalités touchées ont apporté un appui logistique aux pompiers, notamment avec de l’eau, des sandwichs et des lieux de repos.
La suite attendue
Dimanche 28 juin en fin d’après-midi, le feu a été annoncé fixé, mais le massif doit rester sous surveillance plusieurs jours afin d’éviter les reprises. France 3 Régions indique que des drones équipés de caméras thermiques sont utilisés pour repérer les points chauds et guider les équipes au sol.
L’enquête sur l’origine du départ de feu doit commencer dès lundi matin avec les militaires de la COB de Brioude et le renfort d’une cellule d’investigations. À ce stade, la cause du sinistre n’a pas été communiquée par les autorités citées dans les sources disponibles.
Questions fréquentes
Où l’incendie de Villeneuve-d’Allier s’est-il déclaré ?
Le feu s’est déclaré samedi 27 juin en début d’après-midi sur la commune de Villeneuve-d’Allier, en Haute-Loire, près du village de Lomenède et des gorges de l’Allier. France 3 Régions situe le départ probable dans une combe au-dessus de la vallée de l’Allier.
Combien d’hectares ont brûlé à Villeneuve-d’Allier ?
Le bilan communiqué dimanche 28 juin fait état de 109 hectares de forêt et de végétation ravagés. Les premiers bilans évoquaient plus de 70 puis environ 90 hectares, avant le point plus complet réalisé dimanche soir.
Le feu est-il maîtrisé en Haute-Loire ?
Dimanche en fin d’après-midi, le colonel Frédéric Robert a annoncé que le feu était fixé. Cela signifie que sa progression principale est arrêtée, mais les secours poursuivent la surveillance du massif à cause des risques de reprise.
Quels moyens ont été engagés contre l’incendie ?
Les sources locales mentionnent environ 200 à 250 pompiers, plus de 70 engins, cinq Canadairs, deux Dash et l’hélicoptère Dragon 63. Des renforts venus de plusieurs départements ont également rejoint les équipes de Haute-Loire.
Quelle est la cause de l’incendie ?
L’origine du feu n’est pas connue à ce stade. Une enquête a été ouverte et les militaires de la COB de Brioude, appuyés par une cellule d’investigations, doivent travailler sur les causes du sinistre.
Pourquoi parle-t-on d’un feu inhabituel pour la Haute-Loire ?
Les secours ont relevé une vitesse de propagation de 1 200 mètres par heure, un niveau que le directeur du SDIS associe d’ordinaire aux zones méditerranéennes. Il estime que ce type de feu ne sera plus exceptionnel dans le département.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
