Pourquoi les cartes IA égarent-elles des randonneurs ?
Deux randonneuses de 18 ans se sont perdues mardi 21 juillet 2026 sur les hauteurs de Cauterets, dans les Hautes-Pyrénées, après avoir suivi une carte générée par ChatGPT. Elles cherchaient le lac d’Estom mais se trouvaient dans la vallée du Marcadau, à environ vingt kilomètres de leur destination. Épuisées et inquiètes en fin de journée, elles ont croisé Julien Vignasse, agent du parc national des Pyrénées, qui les a réorientées sans qu’un accident ne survienne.

Pourquoi l’affaire fait parler
L’épisode dépasse la simple erreur d’orientation. La carte affichait des noms de refuges, des altitudes et des lacs réels, mais les plaçait au mauvais endroit. Son apparence crédible a conduit les deux jeunes femmes à continuer pendant plusieurs heures malgré l’absence du lac recherché.
Selon le récit publié par TF1 Info, Julien Vignasse dit avoir croisé une trentaine de personnes dans une situation comparable depuis le début de l’été. Le problème n’est donc pas seulement qu’une intelligence artificielle puisse produire une erreur, mais qu’une carte visuellement convaincante puisse être prise pour un document topographique vérifié.
Ce qui s’est passé
Les randonneuses avaient prévu de rejoindre le lac d’Estom, au-dessus de Cauterets. Leur itinéraire indiquait notamment un passage par le refuge du Wallon-Marcadau, alors que ce refuge et le lac ne se trouvent pas dans la même vallée. Vers 20 heures, après plusieurs heures de marche, elles ont demandé leur chemin à Julien Vignasse.

En regardant leur téléphone, le professionnel a constaté que l’ensemble de la carte était incohérent. Un trajet annoncé en moins de deux heures entre deux refuges demandait en réalité largement plus de dix heures, tandis que le lac de Gaube était lui aussi mal positionné. Le récit du Dauphiné Libéré précise que les jeunes femmes étaient épuisées lorsqu’elles ont été retrouvées.
Rien n’allait sur leur carte, tout était faux.
Ce que l’on sait à ce stade
Les deux marcheuses étaient novices et portaient des baskets de course. Julien Vignasse leur a proposé un parcours plus adapté à leur niveau. Aucun accident n’a été signalé, et les CRS de montagne de Gavarnie n’avaient pas encore été mobilisés pour un accident directement lié à un itinéraire créé par une intelligence artificielle.

Le risque le plus concret concerne la localisation transmise aux secours. Si l’une des randonneuses s’était blessée en affirmant se trouver au lac d’Estom, les équipes auraient pu chercher trois vallées plus à l’ouest. Cette erreur aurait retardé l’intervention, alors même qu’en montagne une cheville cassée ou l’épuisement peuvent rapidement compliquer le retour.
- Biais d’automatisation
- Tendance à faire davantage confiance à une indication produite par une machine qu’aux signes visibles sur le terrain.
- Carte topographique
- Carte détaillée représentant notamment le relief, les sentiers, les altitudes et les points de repère utiles à l’orientation.
Pourquoi cela compte
L’affaire montre une limite simple : un outil conversationnel peut fabriquer une carte qui ressemble à une vraie sans garantir l’exactitude des distances ni des positions. Le danger augmente lorsque l’utilisateur ignore les panneaux, les balises ou les incohérences du paysage parce que l’écran paraît plus précis.
Cette confiance n’est pas limitée à la randonnée. Une chronique du Monde rapporte qu’une personne sur dix utilise déjà l’intelligence artificielle pour préparer ses vacances. Elle évoque aussi deux touristes partis au Pérou à la recherche d’un lieu imaginaire généré par ChatGPT. Dans les deux cas, l’erreur devient dangereuse lorsqu’elle est utilisée comme une consigne de déplacement réelle.
La suite attendue
Les professionnels de la montagne appellent les randonneurs à revenir à des sources vérifiées. La Fédération française de randonnée recommande de choisir un itinéraire adapté à son niveau, de consulter la météo, d’emporter la bonne carte, de s’hydrater et de renoncer si les conditions ou l’état physique se dégradent.
Pour préparer une sortie, les cartes topographiques de l’application officielle Cartes IGN, les plans fournis par les offices de tourisme et les indications des professionnels locaux offrent des repères contrôlables. Une carte créée par une intelligence artificielle peut servir à formuler des idées, mais elle ne doit pas remplacer une carte officielle, les balises ni l’observation du terrain.
Questions fréquentes
Où les deux randonneuses se sont-elles perdues ?
Elles se trouvaient dans la vallée du Marcadau, sur les hauteurs de Cauterets, alors qu’elles cherchaient le lac d’Estom.
Quand l’incident a-t-il eu lieu ?
Il s’est produit mardi 21 juillet 2026, en fin de journée, peu avant 20 heures.
Pourquoi leur carte était-elle trompeuse ?
Elle utilisait des noms réels de lacs, de refuges et d’altitudes, mais les positions, les vallées et certains temps de marche étaient faux.
Quelle carte utiliser pour randonner en France ?
Les professionnels cités recommandent des cartes topographiques officielles, notamment celles de Cartes IGN, ainsi que les plans des offices de tourisme.
ChatGPT peut-il remplacer une carte de randonnée ?
Non. Les sources rapportent plusieurs erreurs de localisation et de durée susceptibles de retarder les secours ou d’envoyer les marcheurs vers une mauvaise vallée.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.

