Nice : Éric Ciotti veut faire flotter le drapeau français dans 89 cours d'école
À Nice, 89 écoles primaires accueilleront un mât dans leur cour d'ici le 3 novembre pour y hisser l'étendard tricolore. Annoncée le 28 août par le maire UDR Éric Ciotti, cette mesure s'accompagne d'une volonté d'instaurer une cérémonie hebdomadaire rythmée par La Marseillaise. L'initiative relance le débat sur la place des symboles républicains dans l'espace scolaire et la répartition des compétences entre municipalités et Éducation nationale.
Ce qui se passe
Le maire de la cinquième ville de France a profité de sa conférence de presse de rentrée pour dévoiler le déploiement d'équipements patriotiques dans les cours de récréation. Le calendrier municipal prévoit des travaux dès le mois de septembre, avec un objectif de finalisation avant les vacances de la Toussaint pour les plus de 28 000 élèves scolarisés dans la commune.
L'édile entend instaurer au moins une levée des couleurs chaque semaine, lors de laquelle les élèves entonneraient l'hymne national. Pour concrétiser cette organisation, l'administration communale doit engager des échanges avec les chefs d'établissement, les représentants de parents d'élèves et l'académie.
Le contexte
La question de la présence des emblèmes républicains dans les salles de classe constitue un axe récurrent des prises de position d'Éric Ciotti. En 2019, alors député des Alpes-Maritimes, il avait fait adopter un amendement dans le cadre de la loi Blanquer imposant l'affichage du drapeau français, du drapeau européen, de la devise républicaine ainsi que des paroles de La Marseillaise dans chaque classe du premier et du second degré.

D'autres communes du sud de la France ont déjà mis en place des cérémonies similaires sur des temps spécifiques :
- À Marignane (Bouches-du-Rhône), le maire Éric Le Dissès a instauré il y a six mois une levée hebdomadaire du drapeau chaque lundi matin dans deux écoles.
- À Saint-Raphaël (Var), Frédéric Masquelier applique depuis février 2025 un salut au drapeau quotidien pour les enfants de plus de 6 ans au sein des centres de loisirs.
- En septembre 2025, un rapport parlementaire du député UDR Maxime Michelet préconisait déjà l'installation systématique d'un mât des couleurs dans les établissements.
Les derniers développements
L'annonce suscite une vive contestation de la part des organisations syndicales, des fédérations de parents d'élèves et des oppositions municipales. Le syndicat enseignant SNUipp-FSU rappelle que chaque établissement dispose déjà du drapeau sur son fronton et que l'apprentissage de l'hymne figure déjà aux programmes pédagogiques de CP et CE1.
C’est une instrumentalisation de l’école. Chaque établissement scolaire dispose déjà d’un drapeau sur son fronton et chaque classe possède un drapeau français, européen et niçois.

Sur le plan politique local, les critiques pointent également des arbitrages budgétaires. L'élue écologiste Juliette Chesnel-Le Roux ainsi que le groupe d'opposition UDC soulignent que la mairie n'a pas reconduit le kit de fournitures scolaires gratuites mis en place sous le mandat précédent de Christian Estrosi, estimant que les priorités matérielles des familles devraient primer sur les dépenses d'installation de mâts.
Ce que cela implique
La mise en œuvre technique des mâts relève du budget et des compétences matérielles de la mairie, qui alloue par ailleurs plus d'un million d'euros de crédits pédagogiques aux 150 écoles publiques de la ville. En revanche, l'obligation d'un rituel cérémoniel touche directement au temps scolaire sous tutelle de l'État.
Sur le plan juridique, si la mairie peut aménager les cours d'école, elle ne peut pas imposer unilatéralement aux enseignants la tenue d'un protocole patriotique obligatoire sans l'accord des autorités académiques. La tenue de ces cérémonies dépendra donc des concertations institutionnelles menées dans les semaines à venir.
Les points en suspens
Le recteur de l'académie de Nice, Emmanuel Roux, a précisé n'avoir reçu aucune demande officielle préalable lors de la prise de parole du maire. Une rencontre est prévue entre l'édile et l'autorité académique pour examiner les modalités de coopération envisageables.
Le coût financier exact du marché public pour la fourniture et l'ancrage des 89 mâts n'a pas été détaillé par la municipalité, tout comme la fréquence exacte et le caractère obligatoire ou facultatif de la participation des élèves lors des temps d'enseignement.
Questions fréquentes
Combien d'écoles sont concernées par ce projet à Nice ?
Le dispositif vise l'ensemble des 89 écoles élémentaires publiques de Nice, représentant plus de 28 000 écoliers.
Quelle est la date fixée pour l'installation des mâts ?
La municipalité a indiqué que les mâts et les drapeaux doivent être installés entre la rentrée de septembre et le 3 novembre, date de fin des vacances de la Toussaint.
La Marseillaise est-elle déjà enseignée à l'école primaire ?
Oui, l'apprentissage de l'hymne national fait partie des programmes officiels de l'Éducation nationale dès le cours préparatoire (CP) et le cours élémentaire 1ère année (CE1).
La mairie peut-elle obliger les professeurs à tenir cette cérémonie ?
Non, le temps scolaire dépend de l'Éducation nationale. Une commune peut installer des mâts sur ses bâtiments, mais l'organisation d'une levée des couleurs régulière nécessite l'accord du rectorat et de l'équipe pédagogique.
Quels autres chantiers scolaires sont menés en parallèle à Nice ?
La municipalité poursuit un plan de climatisation des classes évalué à une douzaine de millions d'euros d'ici la fin 2027, tout en augmentant les crédits pédagogiques globaux à plus d'un million d'euros.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
