À Bruges, près de Bordeaux, une installation annoncée pour deux semaines s’est terminée en quarante-huit heures. Ce départ rapide contraste avec d’autres situations plus bloquées à Castres, Fonsorbes, Villeneuve-de-Rivière ou Samoussy, où les communes dénoncent des occupations illégales de terrains sportifs. Derrière ces bras de fer locaux, le même sujet revient : l’accueil des grands passages, notamment lors de missions évangéliques, et la capacité réelle des collectivités à faire appliquer leurs décisions.

Ce que l’on sait à ce stade
À Bruges, entre 100 et 130 caravanes se sont installées dimanche 7 juin sur deux terrains de football du complexe sportif Daugère. Le maire Frédéric Giro a engagé une procédure d’expulsion, saisi la préfète de Gironde, déposé plainte et demandé l’identification des véhicules afin de sanctionner le stationnement illicite. Selon le récit local, le groupe a finalement quitté les lieux mardi 9 juin au matin pour rejoindre l’aire de grand passage de Mérignac.
La sortie de crise à Bruges a été plus rapide que prévu. Le départ avait d’abord été évoqué pour le 21 juin, puis pour le 14 juin. Il s’est finalement produit après des échanges entre la mairie, la préfète Sophie Brocas et le chef de la communauté. La commune affirme qu’aucun dommage important n’a été constaté, tout en prévoyant un diagnostic des terrains et du système d’arrosage automatique. Les activités sportives de loisirs devaient reprendre dès le lendemain.

La situation est plus tendue à Castres, dans le Tarn. Une centaine de caravanes occupe depuis dimanche 7 juin le complexe sportif de la Borde-Basse. Des raccordements à l’eau et à l’électricité ont été coupés après une opération de police, tandis que la mairie indique attendre une décision de justice. Le maire Florian Azéma affirme que trois agents municipaux ont été menacés de mort lors d’une première tentative de débranchement.
En Haute-Garonne, Villeneuve-de-Rivière fait face à un épisode d’une autre ampleur : 200 caravanes sont entrées samedi 6 juin sur les terrains de sport de la commune, après le blocage de la circulation à l’entrée du village et la casse du portail du stade, selon un élu municipal. Une procédure d’expulsion doit être lancée. Le festival La Voix Lactée, prévu le 13 juin sur le site, a dû trouver une solution de repli en urgence.
Réactions et positions
Les maires concernés décrivent un sentiment d’impuissance face à des procédures jugées lentes, surtout lorsque les équipements occupés sont des terrains sportifs rénovés ou utilisés par des enfants. À Bruges, Frédéric Giro a lié son action à la protection des installations communales, rénovées pour 30 000 euros l’an dernier, et au respect des élus.
J’ai dégainé tout l’arsenal possible
À Castres, le maire Florian Azéma justifie la coupure des raccordements par leur caractère illégal et par les dégradations dénoncées. La commune affirme que les agents municipaux ont été menacés lors de leur intervention. Le conflit touche aussi les clubs sportifs : un grand tournoi de rugby devait accueillir 800 jeunes le samedi suivant sur le complexe de la Borde-Basse.
Nous allons déposer plainte, indique d’ailleurs le maire de Castres, Florian Azéma, car nos agents ont été menacés de mort.
Les voyageurs et responsables religieux avancent un autre argument : l’absence ou l’état insuffisant des aires de grand passage. À Bruges, un pasteur se présentant comme Roc a expliqué que le groupe contestait les conditions d’accueil sur les aires disponibles dans la métropole bordelaise. Dans le Tarn et autour de Toulouse, des représentants évoquent des courriers envoyés depuis décembre aux municipalités et à la préfecture pour signaler leur passage.
Il y aurait des terrains adaptés et réservés, on serait dessus. Cela éviterait les tensions et les bras de fer
Sur le terrain
Pour les habitants, l’impact se mesure très concrètement : terrains indisponibles, circulation perturbée, inquiétudes sur les raccordements, déchets à gérer, frais possibles de remise en état. À Fonsorbes, treize caravanes se sont installées dimanche 7 juin sur le terrain de football des Boulbènes, au moment où des forains, attendus légalement pour la fête locale, commençaient eux aussi à s’installer à proximité.

Le maire de Fonsorbes, Mathieu Lafoux, a refusé une convention de refacturation de l’eau et de l’électricité, estimant qu’elle reviendrait à tolérer l’occupation du domaine communal. Il a aussi souligné que les caravanes étaient trop lourdes pour un terrain entretenu pour la pratique du football. À Villeneuve-de-Rivière, la commune anticipe déjà des frais de pelouse et de gestion des déchets.
Pour le public français, le dossier dépasse le seul fait divers local. Il met face à face deux obligations : permettre l’accueil de groupes itinérants dans des conditions adaptées et garantir aux communes que leurs équipements publics ne deviennent pas des solutions par défaut. Lorsque l’aire prévue existe mais qu’elle est jugée impraticable par les voyageurs, le conflit se déplace immédiatement vers les stades, les parcs des expositions ou les terrains municipaux.
Ce qui est attendu
À Castres, la suite dépend d’une décision de justice après le constat effectué par huissier et la plainte déposée par la mairie. Des discussions sont également mentionnées pour trouver un terrain de substitution. À Villeneuve-de-Rivière, la commune doit engager une procédure d’expulsion, tandis que les activités sportives restent suspendues jusqu’à nouvel ordre.
À Bruges, la phase suivante est administrative et financière. La mairie prévoit d’évaluer plus précisément l’état des terrains et du système d’arrosage automatique. Si des travaux sont nécessaires, le maire a indiqué vouloir présenter la facture à la préfecture. La plainte personnelle liée à l’incident du vélo n’est pas retirée.
À Samoussy, dans l’Aisne, une cinquantaine de caravanes installées dimanche 7 juin sur le stade municipal relancent le débat sur une aire d’accueil adaptée dans l’agglomération du Pays de Laon. Les voyageurs interrogés sur place évoquent une mission évangéliste pentecôtiste Vie et Lumière et une présence d’environ quinze jours.
À retenir
- 100 à 130 caravanes ont quitté Bruges le 9 juin pour rejoindre l’aire de grand passage de Mérignac.
- À Castres, une centaine de caravanes occupe encore le complexe sportif de la Borde-Basse dans l’attente d’une décision de justice.
- À Villeneuve-de-Rivière, 200 caravanes sont entrées sur les terrains de sport après la casse du portail du stade.
- À Fonsorbes, treize caravanes se sont installées sur un terrain de football avant la fête locale.
- Les communes dénoncent des coûts, des dégradations possibles et une réponse de l’État jugée insuffisante.
- Les voyageurs invoquent le manque d’aires de grand passage adaptées ou leur état jugé insuffisant.
Questions fréquentes
Pourquoi plusieurs villes parlent-elles des gens du voyage cette semaine ?
Plusieurs groupes se sont installés entre le 6 et le 7 juin sur des terrains sportifs à Bruges, Castres, Fonsorbes, Villeneuve-de-Rivière et Samoussy, souvent dans le cadre de missions évangéliques.
Combien de caravanes étaient installées à Bruges ?
Les sources locales évoquent entre 100 et 130 caravanes sur les terrains de football du complexe Daugère depuis dimanche 7 juin.
Où sont parties les caravanes de Bruges ?
Elles ont quitté Bruges mardi 9 juin au matin pour rejoindre l’aire de grand passage de Mérignac, aménagée sur l’ancien circuit auto-moto.
Pourquoi Castres a-t-elle coupé l’eau et l’électricité ?
La mairie affirme que les raccordements au réseau d’eau et à l’armoire électrique du complexe de la Borde-Basse étaient illégaux. Une opération de police a permis leur coupure.
Quel est le problème avec les aires de grand passage ?
Des élus dénoncent des occupations illégales malgré les procédures existantes, tandis que des représentants des voyageurs affirment manquer de terrains adaptés ou jugent certains sites impraticables.
