Philippe Maurice revient au cœur du combat abolitionniste — Paris accueille le congrès mondial contre la peine de mort

À Paris, Philippe Maurice, dernier condamné à mort français gracié, participe au congrès mondial contre la peine capitale dans un contexte de hausse des exécutions.

Philippe Maurice au congrès contre la peine de mort
Dernière mise à jourJun 30, 2026, 10:58:39 PM
il y a 3 jours
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Philippe Maurice revient au cœur du combat abolitionniste — Paris accueille le congrès mondial contre la peine de mort

Le dernier condamné à mort gracié en France prend la parole au moment où les exécutions atteignent un niveau inédit depuis plus de quarante ans. Philippe Maurice, aujourd’hui universitaire, intervient à Paris dans le cadre du 9e congrès mondial contre la peine de mort, organisé du 30 juin au 2 juillet. L’événement se tient alors que 114 États ont aboli la peine capitale, mais que 2 707 exécutions hors Chine ont été recensées en 2025 dans seulement 17 pays.

Philippe Maurice à Paris avant le congrès mondial contre la peine de mort
Philippe Maurice, dernier condamné à mort français gracié, participe au rendez-vous abolitionniste de Paris — Le Parisien

Ce que l’on sait

Paris accueille le principal rendez-vous international du mouvement abolitionniste. Le 9e congrès mondial contre la peine de mort se tient d’abord à la Maison de la radio, puis à l’hôtel de Lassay, résidence de la présidente de l’Assemblée nationale. L’ONG Ensemble contre la peine de mort en est l’organisatrice, avec le parrainage de la France, de l’Union européenne et de la Confédération suisse.

La présence de Philippe Maurice donne à cette édition une résonance française très particulière. Condamné à mort avant l’abolition, il a vu sa peine commuée en réclusion criminelle à perpétuité quatre jours après l’investiture de François Mitterrand en mai 1981. La loi portée ensuite par Robert Badinter n’était pas encore adoptée. Ce geste présidentiel annonçait déjà la rupture politique et judiciaire qui allait suivre.

Le contexte mondial est plus contrasté. Les sources citées par les organisateurs et plusieurs médias indiquent que 114 pays ont définitivement abandonné la peine capitale. Mais les exécutions se concentrent dans une poignée d’États : selon Amnesty International cité par Le Monde, plus de 90 % des exécutions recensées en 2025 hors Chine ont eu lieu en Iran et en Arabie saoudite, avec respectivement 2 159 et 356 exécutions.

Emmanuel Macron au neuvième congrès mondial contre la peine de mort à Paris
Emmanuel Macron a défendu l’abolition lors de l’ouverture du congrès à Paris — BFM

Le congrès intervient aussi au moment où le débat revient en France après plusieurs faits divers, notamment les meurtres de Lyhanna et de Louis. Cette tension explique la portée politique de l’événement : il ne s’agit pas seulement d’un rendez-vous diplomatique, mais d’un rappel que l’abolition, inscrite dans l’histoire française récente, demeure discutée dans l’espace public.

Ce que disent les acteurs

Philippe Maurice défend une position sans ambiguïté, nourrie par son propre parcours de condamné sauvé de la guillotine. Sa parole pèse parce qu’elle relie l’expérience individuelle à l’histoire de l’abolition française.

On peut toujours trouver une raison de tuer un homme, mais on ne peut jamais en trouver une bonne. Les partisans de la peine de mort n’ont aucun respect pour la vie

Philippe Maurice, dernier condamné à mort français gracié

Emmanuel Macron a, lui aussi, choisi une ligne ferme devant les participants du congrès. Le président français a insisté sur l’absence d’effet dissuasif de la peine capitale et sur la dignité humaine comme principe démocratique.

La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Cela a été montré, observé, mesuré

Emmanuel Macron, président de la République

Les organisateurs veulent également replacer le débat dans une perspective internationale. Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d’ECPM, a rappelé que plus de 1 000 participants venus d’une centaine de pays sont attendus. Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice française pour les droits de l’homme, décrit une résurgence des exécutions utilisées comme outils de répression politique, de contrôle social ou de réponse aux crises sécuritaires.

Ce que cela change pour vous

Pour les lecteurs en France, ce congrès remet au premier plan une question que beaucoup pensaient réglée depuis 1981. Le débat n’a pas de conséquence immédiate sur le droit français, mais il pèse sur la manière dont responsables politiques, médias et citoyens parlent de la sanction pénale après des crimes qui bouleversent l’opinion.

Ouverture du neuvième congrès mondial contre la peine de mort à Paris
Le congrès se tient à Paris pendant trois jours, entre la Maison de la Radio et l’hôtel de Lassay — franceinfo

Les chiffres cités dans les sources montrent pourquoi le sujet dépasse le cadre français. Quand 47 pays appliquent encore la peine capitale et que plus de 26 000 personnes sont condamnées à mort dans le monde, l’abolition reste un enjeu diplomatique, judiciaire et humain. La France utilise ce congrès pour afficher une continuité : défendre l’abolition à l’international tout en répondant aux retours du débat dans son propre espace public.

Le cas de Philippe Maurice rappelle aussi ce que signifie concrètement une grâce présidentielle. Son histoire montre que la bascule de 1981 n’a pas été abstraite : elle a concerné des vies immédiatement suspendues à une décision politique, avant la transformation durable du droit français.

La suite attendue

Le congrès se poursuit jusqu’au 2 juillet. Après l’ouverture à la Maison de la radio, les travaux doivent continuer à l’hôtel de Lassay. Les débats portent notamment sur le rôle des magistrats, des acteurs de la chaîne judiciaire, des jeunes et des organisations de la société civile dans les stratégies d’abolition.

Plusieurs témoins directs sont annoncés, dont Philippe Maurice et Daniel Gwynn, un Américain innocenté en 2024 après avoir passé trente ans dans le couloir de la mort. Leur présence vise à donner un visage aux conséquences judiciaires et humaines de la peine capitale.

À retenir

  • Le 9e congrès mondial contre la peine de mort se tient à Paris du 30 juin au 2 juillet.
  • Philippe Maurice, dernier condamné à mort français gracié en 1981, fait partie des intervenants.
  • 114 États ont aboli la peine capitale, mais 47 pays l’appliquent encore.
  • 2 707 exécutions hors Chine ont été recensées en 2025 dans 17 pays.
  • Emmanuel Macron a averti que le débat sur le rétablissement revenait aussi dans les sociétés démocratiques.

Questions fréquentes

Qui est Philippe Maurice ?

Philippe Maurice est le dernier condamné à mort français gracié. En mai 1981, François Mitterrand a commué sa peine en réclusion criminelle à perpétuité avant l’adoption de la loi abolissant la peine de mort.

Pourquoi parle-t-on de lui aujourd’hui ?

Il intervient au 9e congrès mondial contre la peine de mort à Paris. Son parcours en fait une figure symbolique du passage de la France de la peine capitale à l’abolition.

Combien de pays ont aboli la peine de mort ?

Les sources citées dans le cadre du congrès indiquent que 114 États ont définitivement abandonné la peine capitale.

Pourquoi le débat revient-il en France ?

Le sujet ressurgit après des faits divers qui marquent l’opinion, notamment les meurtres de Lyhanna et de Louis. Le congrès intervient donc dans un climat où la question pénale redevient politiquement sensible.

Que va-t-il se passer après l’ouverture du congrès ?

Les débats se poursuivent jusqu’au 2 juillet, avec des responsables politiques, magistrats, militants, témoins et organisations venus d’une centaine de pays.

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Rédigé par

Ahmed Sezer

Rédacteur en chef

Spécialiste de la politique, du gouvernement et des sujets d'intérêt public général.

Cet article a été produit avec des outils éditoriaux assistés par IA et relu selon les normes éditoriales de Trend Digest avant publication.

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