À Monaco, un colis piégé frappe le Rocher et relance la traque jusqu’à Beausoleil
Dernière mise à jour : 30 juin 2026 à 9 h 50
La détonation a claqué peu avant 21 heures, lundi 29 juin, dans un quartier résidentiel serré contre la frontière française. En quelques minutes, la rue Révérend-Père-Louis-Frolla s’est retrouvée bouclée, pompiers et policiers convergeant vers un immeuble de trois étages. Trois personnes ont été blessées, dont deux très grièvement, après l’explosion d’un engin déposé dans le hall. Le suspect, repéré sur des images de vidéosurveillance à Monaco puis à Beausoleil, était toujours recherché mardi matin.

Le déroulé des faits
Selon les autorités monégasques, l’explosion s’est produite dans un immeuble résidentiel situé entre le boulevard d’Italie et la rue Révérend-Père-Louis-Frolla, près de la place des Moulins et de la frontière avec la France. Le procureur général de Monaco, Stéphane Thibault, a indiqué qu’une personne avait déposé un sac ou un colis dans le hall avant de repartir.
Le bilan principal communiqué par Monaco fait état d’un couple de 50 à 60 ans en urgence absolue et d’un adolescent de 13 ans, plus légèrement blessé. Les trois victimes ont été transportées à Nice : les deux adultes au CHU Pasteur, le plus jeune à l’hôpital pour enfants Lenval. Quatre autres personnes ont aussi été prises en charge, notamment pour un choc ou des coupures provoquées par les vitres soufflées.
L’homme grièvement blessé est identifié par plusieurs médias, citant des sources proches du dossier, comme Vadim Ermolaev, homme d’affaires originaire d’Ukraine et résident monégasque. Les autorités de Monaco n’ont pas officiellement communiqué l’identité ni la nationalité des victimes. Cette nuance compte : elle sépare les éléments confirmés par le gouvernement monégasque des informations attribuées aux sources d’enquête.
La fuite du suspect donne une dimension franco-monégasque à l’affaire. D’après Christophe Mirmand, ministre d’État de Monaco, des témoins ont fourni des éléments d’identification et l’homme a été vu sur les caméras de Monaco puis de Beausoleil, commune française voisine qu’il aurait rejointe à pied. BFMTV rapporte mardi matin que la piste de l’attentat est écartée par la justice, après une première appréciation plus prudente du parquet général.
Les détails clés
Le caractère ciblé de l’acte est au cœur de l’enquête. Le bâtiment ne compte que six appartements et, selon les autorités, les trois blessés étaient les seules personnes présentes au moment de l’explosion. Cette configuration réduit le hasard : un engin placé dans le hall d’une résidence, à une heure où la soirée commence, vise un lieu précis plus qu’un passage anonyme.
Un premier élément avait frappé les enquêteurs et les responsables monégasques : la possibilité que l’engin ait contenu des boulons et de la grenaille, des fragments destinés à aggraver les blessures. BFMTV indique toutefois que la police technique et scientifique ne fait pas état de ces éléments dans ses constatations et que la nature de l’explosif est en cours d’analyse. C’est un point décisif, car il peut changer la lecture judiciaire du dossier.

Le profil de Vadim Ermolaev explique aussi l’attention autour de cette affaire. Le Parisien le présente comme un homme d’affaires de 58 ans, né à Dnipro, devenu l’une des grandes fortunes ukrainiennes après la chute de l’Union soviétique. Son groupe Alef est décrit comme actif dans l’immobilier, l’agroalimentaire, les matériaux de construction et l’industrie manufacturière.
Son nom apparaît aussi dans des dossiers sensibles. Il fait l’objet depuis décembre 2023 de sanctions décidées par le Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, promulguées par Volodymyr Zelensky, pour des activités de négoce d’alcool en Crimée sous occupation russe selon plusieurs médias citant les services de sécurité ukrainiens. Le Parisien rappelle également qu’il a renoncé à sa nationalité ukrainienne en 2019 pour devenir chypriote.
Réactions et réponses
Le choc est d’autant plus fort que Monaco cultive l’image d’un territoire extrêmement surveillé. BFMTV évoque 1 200 caméras de vidéosurveillance sur 2 km². Dans un tel espace, un suspect qui traverse à pied vers la France oblige les deux côtés de la frontière à travailler presque comme une seule zone de sécurité.
C’est la première fois que dans l’histoire, à ma connaissance, un tel acte se produit dans la Principauté
Le prince Albert II a dénoncé un acte d’une rare gravité pour la Principauté. Son communiqué cherche à rassurer une communauté locale où la sécurité est un marqueur politique autant qu’un service public.
La Principauté de Monaco demeurera unie et déterminée face à la violence et au crime. La sécurité de notre communauté a toujours été une priorité ; elle le demeurera plus que jamais, quelles que soient les menaces.
Côté français, une collaboration policière a été mise en place pour retrouver l’auteur en fuite, selon l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez cité par plusieurs médias. Mardi matin, des gendarmes français et deux hélicoptères participaient aux recherches autour de la Principauté.
Remettre les faits en perspective
Pour les habitants de Monaco, l’affaire n’est pas seulement un fait divers spectaculaire. Elle touche à la promesse même du Rocher : un territoire dense, riche, surveillé, où la violence de ce type semblait tenir à distance. La présence de renforts français rappelle aussi que la frontière administrative ne suffit pas à contenir une enquête quand le suspect l’a franchie à pied.

Pour les lecteurs français, l’impact concret est immédiat sur les Alpes-Maritimes : Beausoleil est intégrée à la trajectoire du suspect, Nice accueille les victimes hospitalisées et les forces françaises sont engagées. La Principauté et la Côte d’Azur partagent ici la même urgence policière.
Le cas d’Ermolaev ajoute une portée internationale. Les sanctions ukrainiennes, les activités économiques en Crimée et les controverses financières mentionnées par plusieurs médias ne prouvent pas le mobile de l’explosion. Elles expliquent pourquoi les enquêteurs cherchent à comprendre l’environnement des victimes et d’éventuelles menaces particulières.
Ce qui est attendu
Le procureur général Stéphane Thibault devait tenir une conférence de presse mardi. Les points attendus sont précis : l’état exact des victimes, la qualification judiciaire retenue, la nature de l’explosif et les éléments permettant d’identifier le suspect.
La recherche de l’homme en fuite reste la priorité opérationnelle. Les images de Monaco et de Beausoleil, les témoignages recueillis et la coopération franco-monégasque doivent permettre de reconstituer son trajet après le dépôt du colis. Tant que son identité n’est pas formellement établie, les autorités ne peuvent pas relier publiquement l’explosion à un mobile déterminé.
Questions fréquentes
Que s’est-il passé à Monaco le 29 juin 2026 ?
Un colis piégé a explosé vers 21 heures dans le hall d’un immeuble résidentiel près de la place des Moulins, à Monaco, faisant trois blessés.
Qui est Vadim Ermolaev, blessé dans l’explosion ?
Vadim Ermolaev est un homme d’affaires de 58 ans originaire d’Ukraine, résident à Monaco, présenté par plusieurs médias comme l’une des grandes fortunes ukrainiennes.
Le suspect de l’explosion à Monaco a-t-il été arrêté ?
Non. Mardi matin, le suspect était toujours recherché. Il a été repéré sur les caméras de Monaco et de Beausoleil après avoir quitté la Principauté à pied.
Où les victimes ont-elles été hospitalisées ?
Les deux adultes ont été transportés au CHU Pasteur à Nice. L’adolescent de 13 ans a été pris en charge à l’hôpital pour enfants Lenval.
Pourquoi la France participe-t-elle à l’enquête ?
Le suspect aurait rejoint Beausoleil, en France, après l’explosion. Des forces françaises, dont des gendarmes et des hélicoptères, participent donc aux recherches.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
