Karim Bouamrane accuse La France insoumise d'être un « parti colonialiste »

Le maire socialiste de Saint-Ouen et candidat à la présidentielle Karim Bouamrane critique vivement LFI et Éric Coquerel après des propos sur les maires de couleur.

Karim Bouamrane qualifie LFI de parti colonialiste
Dernière mise à jourJun 29, 2026, 12:16:05 PM
il y a 4 jours
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Karim Bouamrane accuse La France insoumise d'être un « parti colonialiste »

« La France insoumise est un parti colonialiste. » C'est par cette formule choc que le maire socialiste de Saint-Ouen et candidat déclaré à l'élection présidentielle a fustigé la direction du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Invité ce lundi 29 juin 2026 au micro d'Europe 1 et CNews, l'édile a vivement réagi aux récents propos du député insoumis Éric Coquerel, qui avait qualifié de « maires de couleur » plusieurs nouveaux élus de son parti dans les banlieues populaires.

Karim Bouamrane sur le plateau de CNews
Karim Bouamrane s'exprimant sur CNews le 29 juin 2026. — CNews

Ce que l'on sait de la polémique

L'origine de cette violente passe d'armes remonte à la diffusion, il y a deux semaines, d'un épisode du podcast « Saucé ! ». Éric Coquerel, figure clé de l'implantation de La France insoumise en Seine-Saint-Denis, y commentait les victoires électorales du mouvement dans plusieurs territoires populaires, citant notamment l'élection de Bally Bagayoko à Saint-Denis ou d'Aly Diouara à La Courneuve. Pour décrire ces nouveaux édiles, le député a d'abord employé le terme de « racisés », précisant que certains préféraient l'expression « héritiers de l'immigration », avant de synthétiser sa pensée par la formule : « Enfin, en tout cas, des maires de couleur pour aller vite ».

Cette catégorisation a immédiatement fait bondir Karim Bouamrane. Déjà sur RTL le jeudi 25 juin, le maire de Saint-Ouen avait fustigé un « propos digne du Code noir », accusant son rival d'emprunter un champ lexical colonial. Ce lundi matin, face à Laurence Ferrari, le candidat à l'Élysée a franchi un palier supplémentaire en ciblant directement l'ensemble de l'appareil politique de LFI. Selon lui, le parti utilise à dessein la notion de communautarisation pour fragmenter l'électorat et opposer les citoyens les uns aux autres.

Les relations entre les deux hommes sont notoirement exécrables depuis plusieurs années. Lors des dernières élections municipales à Saint-Ouen, la suppléante d'Éric Coquerel avait d'ailleurs tenté de déloger Karim Bouamrane de son fauteuil de maire, accentuant l'hostilité politique et personnelle qui sépare l'élu socialiste de la mouvance insoumise en Seine-Saint-Denis.

Le maire socialiste Karim Bouamrane
Le candidat socialiste à la présidentielle récuse l'ethnicisation des quartiers. — Le Figaro

Ce que disent les protagonistes

Pour Karim Bouamrane, la grille de lecture identitaire défendue par une partie de la gauche radicale est une dérive inacceptable qui contredit les principes fondamentaux de la République. Ce fils de maçon marocain, qui a choisi de faire cavalier seul dans la course à l'élection présidentielle prévue dans un an, estime que le véritable clivage reste avant tout social et économique.

Pour simplifier, chez LFI, on aime bien les maghrébins, on aime bien les noirs, les hommes de couleur selon Éric Coquerel, quand ils sont totalement au service de Jean-Luc Mélenchon. Mais moi, j'ai une autre vision de lecture.

Karim Bouamrane, Maire de Saint-Ouen et candidat à la présidentielle

L'édile réaffirme son attachement strict à l'universalisme républicain, affirmant n'avoir qu'une seule communauté : « celle de l'idéal républicain ». Il dénonce ce qu'il qualifie de posture outrancière visant à ethniciser les quartiers populaires au lieu de répondre aux attentes réelles des habitants en matière de justice sociale et d'égalité des chances.

L'impact sur le débat public

Cette fracture idéologique profonde met en lumière le fossé qui sépare deux visions stratégiques au sein de la gauche française à l'approche de l'échéance présidentielle. D'un côté, une stratégie d'union républicaine classique portée par des figures comme Karim Bouamrane, axée sur la défense des services publics, l'intégration républicaine et le refus des distinctions ethno-culturelles. De l'autre, la stratégie d'implantation ciblée de La France insoumise en banlieue, qui assume de s'adresser à des minorités spécifiques et d'intégrer des concepts liés aux luttes antiracistes contemporaines dans son discours politique.

En un coup d'œil

  • Éric Coquerel a qualifié les nouveaux élus LFI de banlieue de « maires de couleur ».
  • Karim Bouamrane a fermement dénoncé des propos qu'il juge « dignes du Code noir ».
  • Le maire de Saint-Ouen qualifie désormais La France insoumise de « parti colonialiste ».
  • Le candidat socialiste refuse toute ethnicisation et défend l'idéal républicain unique.
  • Ce conflit illustre la rupture idéologique majeure à gauche à un an de la présidentielle.

Foire aux questions

Pourquoi Karim Bouamrane critique-t-il Éric Coquerel ?

Karim Bouamrane critique le député Éric Coquerel pour avoir utilisé l'expression « maires de couleur » pour désigner de nouveaux élus de La France insoumise en banlieue, une formulation qu'il juge colonialiste et contraire aux valeurs républicaines.

Que signifie l'expression « propos digne du Code noir » ?

En utilisant cette référence historique au Code noir, qui régissait l'esclavage sous l'Ancien Régime, Karim Bouamrane accuse le député insoumis de trier et de ficher les individus en fonction de leur seule couleur de peau ou de leur origine.

Quelle est la position de Karim Bouamrane sur la laïcité et la République ?

Karim Bouamrane défend une ligne universaliste stricte. Il affirme ne reconnaître aucune communauté en dehors de la communauté républicaine et refuse que les quartiers populaires soient analysés sous un prisme ethnique.

Quel est l'enjeu de cette dispute pour l'élection présidentielle ?

Cette polémique acte la rupture totale entre la gauche universaliste représentée par le maire de Saint-Ouen et la stratégie de La France insoumise, engagée dans une quête de représentativité segmentée pour l'échéance électorale.

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Rédigé par

Ahmed Sezer

Rédacteur en chef

Spécialiste de la politique, du gouvernement et des sujets d'intérêt public général.

Cet article a été produit avec des outils éditoriaux assistés par IA et relu selon les normes éditoriales de Trend Digest avant publication.

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