À Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, une guerre ouverte oppose le maire Karim Bouamrane à l'enseigne de restauration rapide Master Poulet à coups de blocs de béton et de procédures judiciaires. Ce bras de fer inédit, qui dure depuis plusieurs jours, paralyse les abords de l'établissement et divise l'opinion locale entre défense de l'ordre public et soutien au petit commerce.

Une confrontation hors normes en plein centre-ville
Tout a commencé par des signalements répétés pour nuisances sonores, attroupements nocturnes et problèmes de friture. Mais la situation a basculé dans l'insolite lorsque la mairie de Saint-Ouen a décidé d'installer d'imposants blocs de béton devant l'entrée du restaurant pour en empêcher l'accès. Face à la résistance de l'enseigne, qui a continué de servir ses clients par-dessus les obstacles, la municipalité a récemment ajouté des pots de fleurs géants et des banderoles explicatives.
Le maire, Karim Bouamrane, ne décolère pas. Pour lui, l'enseigne s'affranchit des règles élémentaires d'urbanisme et de tranquillité publique. C'est le pot de terre contre le pot de fer, ou plutôt l'inverse ici, tant les moyens déployés par la puissance publique semblent démesurés pour un simple conflit de voisinage. Les gérants de Master Poulet dénoncent de leur côté un acharnement et une entrave à la liberté de commerce.

Les protagonistes du conflit
Au cœur de cette affaire, deux visions de la ville s'affrontent :
- Karim Bouamrane : Maire (PS) de Saint-Ouen, il prône une politique de "tolérance zéro" face aux incivilités et souhaite transformer l'image de sa ville.
- La direction de Master Poulet : Une enseigne de fast-food populaire auprès des jeunes, qui accuse la mairie de méthodes d'intimidation.
- La Justice : Saisie par les gérants, elle a récemment rendu une décision demandant la levée de certains obstacles, mais la mairie a immédiatement contre-attaqué avec de nouveaux aménagements urbains.
On ne peut pas accepter qu’ils s’affranchissent du droit. La loi est la même pour tous, que l'on vende des poulets ou que l'on gère une grande entreprise.
Comprendre les enjeux de ce bras de fer
Derrière les blocs de béton se cache une question plus profonde : celle de la gentrification et de l'usage de l'espace public dans les villes en mutation. Saint-Ouen, avec l'arrivée de la ligne 14 et des futurs sites olympiques, change de visage. La mairie cherche à réguler l'installation de commerces jugés nuisibles pour attirer de nouvelles populations.
Ce clash est devenu viral sur les réseaux sociaux, où les internautes suivent chaque nouvel épisode comme une série. Pour les habitants de Saint-Ouen, c'est surtout une source de tension quotidienne sur le trottoir. La ville a dépensé des sommes significatives pour ces installations, ce qui soulève également la question de l'utilisation de l'argent public dans ce conflit privé.
À quoi faut-il s'attendre ?
La bataille judiciaire se poursuit. Après avoir perdu une première manche devant le tribunal administratif, la municipalité refuse de céder et prépare de nouveaux arrêtés. De son côté, Master Poulet ne semble pas prêt à fermer ses portes, soutenu par une partie de sa clientèle qui voit en Karim Bouamrane un maire déconnecté des réalités populaires. La situation reste bloquée, au sens propre comme au figuré.
Questions Fréquemment Posées
- Pourquoi la mairie a-t-elle installé des blocs de béton ?
- Pour empêcher physiquement l'accès au restaurant Master Poulet qu'elle accuse de multiples infractions au code de l'urbanisme et de nuisances sonores répétées.
- Le restaurant Master Poulet est-il toujours ouvert ?
- Oui, malgré les obstacles physiques, les gérants continuent d'exercer en servant les clients par-dessus les blocs ou via des services de livraison.
- Que dit la justice sur cette affaire ?
- Le tribunal administratif a rendu une première décision en faveur du restaurant, jugeant les mesures d'obstruction disproportionnées, mais la mairie multiplie les recours et les nouveaux obstacles.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.



