Célia Géry championne de France à 20 ans après 111,4 km brûlants
Sur la route de La Tour-du-Pin, la chaleur écrasait le bitume et la montée de Béjui servait de juge de paix. Célia Géry a attendu le dernier passage, puis elle a jailli à un peu plus de trois kilomètres de l'arrivée. À 20 ans, la coureuse FDJ United-Suez a remporté samedi le Championnat de France Élite Femmes, devant Cédrine Kerbaol et Émilie Morier. Sur un circuit de 111,4 km, son titre raconte autant une accélération décisive qu'une journée de contrôle collectif.

Le fil de la course
La journée s'est lancée avec un peloton réduit, sur une boucle iséroise rendue plus dure par la chaleur. Le parcours autour de La Tour-du-Pin imposait deux difficultés récurrentes : Saint-Roch, 1,7 km à 4,4 %, puis Béjui, 1 km à 8,4 %. Ce dernier raidard a fini par décider du maillot bleu-blanc-rouge.
Un groupe de douze coureuses s'est d'abord détaché à près de 90 km de l'arrivée, avec jusqu'à 2'15'' d'avance. FDJ United-Suez avait déjà des cartes à l'avant, dont Marie Le Net et Léa Curinier, mais l'équipe a progressivement replacé Géry au centre du plan. À 68 km de la ligne, Juliette Berthet a lancé une première accélération dans Béjui, suivie par Géry et Cédrine Kerbaol.
Le moment clé est arrivé à 52 km de l'arrivée, lorsque le rythme d'Evita Muzic puis le relais de Berthet ont permis à Géry de revenir vers l'échappée. La suite a tourné à l'exercice de maîtrise : Marie Le Net, Curinier et Berthet ont contenu les attaques, tandis que Kerbaol restait la menace la plus solide, mais isolée chez EF Education-Oatly.
Dans la dernière montée de Béjui, à environ 3,3 km de l'arrivée selon plusieurs récits de course, Géry a placé l'attaque décisive. Elle a bouclé l'épreuve en 3h00'27'', à 36,908 km/h de moyenne, avec 5 secondes d'avance sur Kerbaol et 7 sur Morier, selon le classement publié par DirectVelo.
Ce qui se jouait en profondeur
Ce titre n'est pas sorti de nulle part. Géry avait été battue l'an dernier chez les Espoirs sur ce même circuit, un détail qui a pesé tactiquement. Cette fois, elle n'a pas cherché à renverser la course trop tôt. Elle a patienté, économisé ses efforts, puis utilisé la pente qui correspond le mieux à son profil.
La supériorité numérique de FDJ United-Suez a aussi changé la course. Avoir plusieurs équipières dans le groupe de tête permet de fermer les contres, d'imposer le tempo et de préserver la leader jusqu'au moment choisi. Kerbaol, elle, a résisté longtemps sans disposer du même soutien collectif, ce qui explique en partie l'écart final malgré sa deuxième place.

La chaleur a ajouté une couche de difficulté. Le Dauphiné Libéré a relevé 37 °C à La Tour-du-Pin avant le départ, avec une ligne d'arrivée exposée au plein soleil. Dans ces conditions, attendre la dernière montée n'était pas seulement un choix tactique : c'était aussi une gestion d'énergie.
Paroles et réactions
Après l'arrivée, Géry a insisté sur le rôle de son équipe. Sa lecture de course a été simple : éviter le sprint, là où elle ne se jugeait pas la plus forte, et utiliser la bosse finale.
On savait qu'il fallait attendre la dernière bosse parce que c'est un peu ma qualité
Interrogée par RMC Sport, elle a aussi résumé le sentiment dominant côté FDJ United-Suez : une victoire construite avant d'être conclue. Ses équipières ont travaillé pour réduire les écarts, contrôler les offensives et l'installer dans la meilleure position au pied du dernier effort.
Je suis hyper satisfaite pour l'équipe surtout, c'est vraiment une mission d'équipe qui a été accomplie aujourd'hui.
Kerbaol a, de son côté, terminé deuxième après avoir longtemps tenu tête à l'armada adverse. Eurosport la décrit comme valeureuse et seule face à la force collective de FDJ United-Suez, avec un constat clair après l'arrivée : Géry était la plus forte à la pédale.
La portée du résultat
Le podium donne une image nette de la hiérarchie du jour : Géry devant Kerbaol, puis Morier, avec Maëva Squiban quatrième et Juliette Berthet cinquième. Ce n'est pas seulement un succès individuel. C'est aussi une confirmation pour FDJ United-Suez, qui conserve le titre après Marie Le Net.
Pour Géry, cette victoire prolonge une saison déjà pleine : Flèche brabançonne, Grand Prix de Chambéry, 7e étape du Giro, puis titre national sur route. Elle avait aussi déjà conquis le titre national en cyclo-cross six mois plus tôt. À 20 ans, ce cumul installe une coureuse capable de briller sur plusieurs terrains.

Pour le cyclisme français, le maillot tricolore porté par une jeune coureuse aussi offensive aura une vraie visibilité. La question dépasse le résultat de La Tour-du-Pin : elle touche déjà à la suite de son été et à l'image que le public verra sur les grandes courses.
La suite annoncée
Le prochain rendez-vous évoqué par Géry est la sélection pour le Tour de France Femmes. Elle a indiqué que la décision de son équipe ne devrait plus tarder. Porter le maillot bleu-blanc-rouge sur cette course serait une étape symbolique forte, surtout après ses résultats sur le Giro.
À La Tour-du-Pin, la suite immédiate des Championnats de France concerne aussi la course masculine, annoncée le lendemain dans le direct du Dauphiné Libéré. Pour Géry, le plus important est déjà acquis : pendant douze mois, elle courra avec le signe le plus visible du cyclisme français sur les épaules.
Questions fréquentes
Qui a remporté le Championnat de France féminin 2026 ?
Célia Géry, de l'équipe FDJ United-Suez, a remporté la course en ligne Élite Femmes à La Tour-du-Pin.
Quel âge a Célia Géry ?
Célia Géry a 20 ans au moment de ce premier titre de championne de France élite sur route.
Qui complète le podium ?
Cédrine Kerbaol termine deuxième à 5 secondes, devant Émilie Morier, troisième à 7 secondes.
Où la course a-t-elle eu lieu ?
La course s'est disputée à La Tour-du-Pin, en Isère, sur un circuit marqué par les montées de Saint-Roch et du Béjui.
Quelle distance les coureuses ont-elles parcourue ?
Le classement officiel mentionne 111,4 km, parcourus par Géry en 3h00'27''.
Célia Géry peut-elle courir le Tour de France Femmes avec ce maillot ?
Elle a dit attendre la sélection de son équipe. Elle a aussi reconnu que porter le maillot bleu-blanc-rouge sur le Tour serait une consécration.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
