Pour sa deuxième sortie dans le groupe G de la Coupe du monde 2026, l'équipe de Belgique de football a concédé un match nul frustrant face à l'Iran (0-0) ce dimanche au SoFi Stadium de Los Angeles. Réduits à dix en seconde période après l'expulsion de Nathan Ngoy, les Diables Rouges ont buté sur une défense héroïque et se retrouvent désormais sous une immense pression avant leur ultime match de poule.

Le film de la rencontre
Après un premier partage des points fort décevant face à l'Égypte (1-1), la Belgique de Rudi Garcia se devait de réagir en Californie pour s'éviter un scénario catastrophe. Dès le coup d'envoi, les Diables Rouges ont confisqué le ballon, affichant une possession écrasante de 72% sur l'ensemble de la rencontre. Cependant, l'agressivité et le manque de rythme ont rapidement plombé les velléités belges, à l'image d'un carton jaune précoce reçu par Romelu Lukaku dès la 2e minute pour un pied haut dans le thorax du gardien adverse.
Contre le cours du jeu, la Team Melli a bien failli réaliser le coup parfait. À la 14e minute, Thibaut Courtois a dû s'employer sur sa ligne pour repousser un réflexe monumental de Hossein Kanaani. Quelques minutes plus tard, à la 26e, Mehdi Taremi a cru climatiser le clan belge après une combinaison splendide sur coup franc, mais l'arbitre argentin Darío Herrera a finalement annulé le but après une longue intervention de l'assistance vidéo (VAR) pour un hors-jeu de quelques centimètres.
Au retour des vestiaires, le sélectionneur national a tenté de bousculer son onze en procédant à un triple changement à la 57e minute, lançant Timothy Castagne, Hans Vanaken et Dodi Lukébakio. Les occasions se sont multipliées, mais le gardien iranien Alireza Beiranvand a sorti le grand jeu, signant un double arrêt miraculeux à la 58e minute face à Maxim De Cuyper.
Le tournant du match est survenu à la 66e minute. Sur une relance manquée, le jeune défenseur central du LOSC, Nathan Ngoy, a commis une faute grossière en position de dernier défenseur sur l'attaquant de l'Olympiakos, Mehdi Taremi. Le carton rouge direct était inévitable. Désorganisée, la Belgique a vu son avant-centre Romelu Lukaku céder sa place à Arthur Theate pour colmater les brèches, scellant définitivement le score nul et vierge.

Les forces en présence
Du côté de la Belgique, l'absence de dernière minute du feu follet Jérémy Doku, officiellement forfait en raison d'une infection respiratoire, s'est cruellement fait ressentir dans l'animation offensive. Kevin De Bruyne a multiplié les centres sans trouver la faille, tandis que Romelu Lukaku, visiblement en manque de condition physique avec seulement 64 minutes de jeu dans les jambes cette saison en club, a été totalement muselé par la charnière adverse.
En face, l'Iran a misé sur une recette bien précise : l'ultra-expérience. En alignant huit trentenaires au coup d'envoi, la sélection dirigée par Amir Ghalenoei est entrée dans l'histoire moderne du football en établissant un record absolu.
Les chiffres clés de l'histoire
Avec une moyenne d'âge officielle de 32 ans et 181 jours pour ses onze titulaires, l'Iran a battu le record de la moyenne d'âge la plus élevée de l'histoire de la Coupe du monde depuis que le statisticien Opta analyse ces données (1966). Le précédent record appartenait à l'Allemagne lors de l'édition 1998 (31 ans et 334 jours), établi lors d'une rencontre face à... l'Iran.
Dans le détail, la Team Melli comptait trois joueurs de plus de 35 ans sur la pelouse : Ehsan Hajsafi (36 ans), Ramin Rezaeian (36 ans) et Shojae Khalilzadeh (37 ans).
Une portée politique et locale
Cette rencontre s'est disputée dans une atmosphère extrêmement lourde à Los Angeles. La ville abrite une très importante diaspora iranienne, majoritairement hostile au régime en place à Téhéran. L'hymne national de la République islamique a ainsi été copieusement sifflé par une grande partie du SoFi Stadium avant le coup d'envoi.
De plus, la Team Melli doit composer avec des conditions logistiques spartiates. Bloqués par des problèmes administratifs avec les autorités américaines en raison du contexte géopolitique au Moyen-Orient, les Iraniens n'ont pas obtenu leurs visas pour résider aux États-Unis. Ils ont dû installer leur camp de base à Tijuana, au Mexique, et ne sont autorisés à franchir la frontière californienne qu'à la veille de leurs matchs, avant de repartir immédiatement après le coup de sifllet final. Une situation qui a poussé la fédération iranienne à déposer une plainte officielle auprès de la FIFA pour traitement injuste.

Le calendrier à venir
Avec ce résultat, la situation comptable reste totalement indécise dans ce groupe G où les quatre équipes comptent des points après les premiers matchs. La Belgique jouera sa qualification pour les seizièmes de finale lors de la troisième et dernière journée de la phase de poules face à la Nouvelle-Zélande. L'Iran, quant à lui, pourra exceptionnellement rejoindre la ville de Seattle deux jours en avance pour y défier l'Égypte, suite à un accord de l'administration américaine dévoilé par le sélectionneur Amir Ghalenoei.
Des réponses à vos questions
Pourquoi le joueur Jérémy Doku n'a-t-il pas joué contre l'Iran ?
L'attaquant de Manchester City a déclaré forfait en raison d'une infection respiratoire survenue ces derniers jours, coupant court aux rumeurs qui évoquaient une absence liée à la naissance imminente de son enfant.
Où les joueurs de l'équipe d'Iran logent-ils pendant ce Mondial ?
En raison de restrictions de visas imposées par l'administration américaine, la délégation iranienne réside à Tijuana, au Mexique, et effectue des aller-retours express en Californie uniquement pour disputer ses rencontres.
Quel est le record historique battu par l'Iran lors de ce match ?
L'Iran a aligné l'équipe la plus vieille de l'histoire moderne de la Coupe du monde depuis 1966, avec une moyenne d'âge exacte de 32 ans et 181 jours parmi ses onze titulaires.