Mont-Blanc : pourquoi le couloir du Goûter est-il si dangereux ?

Deux alpinistes tchèques ont été tués dans le couloir du Goûter, où la chaleur et la fonte du pergélisol accentuent le risque de chutes de pierres.

Mont-Blanc : deux morts dans le couloir du Goûter
Dernière mise à jourJul 16, 2026, 2:12:05 AM
il y a 1 heure
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Mont-Blanc : pourquoi le couloir du Goûter est-il si dangereux ?

Avant l’aube, une cordée progressait à plus de 3 300 mètres d’altitude lorsque des blocs se sont détachés dans le couloir du Goûter. Deux alpinistes tchèques, un guide et l’un de ses clients, ont été tués dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 juillet 2026. Le troisième membre du groupe a été évacué vers l’hôpital de Sallanches, tandis que les secours menaient une intervention décrite comme extrêmement complexe.

Le massif du Mont-Blanc et ses pentes rocheuses
Le couloir du Goûter se trouve sur la voie normale du Mont-Blanc — Le Figaro

Le déroulement du drame

L’alerte a été donnée vers 2 h 30 au peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix. La cordée de trois personnes traversait le couloir du Goûter, sur la commune de Saint-Gervais-les-Bains, lorsqu’une importante chute de pierres a provoqué sa dégringolade. Les victimes étaient tchèques.

Le groupe avait passé la nuit au refuge de Tête Rousse avant de reprendre sa progression vers le sommet. La chute de pierres s’est produite avant le lever du soleil, dans un secteur connu pour ses éboulements fréquents. La récupération des victimes a été particulièrement complexe.

Plus tard dans la journée, les alpinistes déjà engagés plus haut ont pu redescendre après une diminution de l’activité rocheuse. Les informations disponibles indiquent que les ascensions se poursuivaient encore sur le versant français, même si plusieurs guides avaient déjà renoncé à conduire des clients sur cet itinéraire.

Le récit des secours en Haute-Savoie détaille la difficulté de l’intervention.

Les éléments essentiels

Le couloir du Goûter est l’un des passages les plus exposés de la voie classique menant au Mont-Blanc. Sa pente canalise les pierres qui se détachent des parois supérieures. Lorsque la neige disparaît et que les roches s’assèchent, les blocs sont moins stabilisés et peuvent traverser rapidement l’itinéraire emprunté par les alpinistes.

Vue du massif du Mont-Blanc pendant une période de fortes chaleurs
Les températures élevées fragilisent les glaciers et les parois rocheuses — Le Parisien

La préfecture de Haute-Savoie avait averti quelques jours auparavant que les fortes chaleurs accéléraient la fonte des neiges résiduelles, des glaciers et du pergélisol. Ce dernier agit comme un ciment naturel entre les roches. Sa dégradation déstabilise les parois et favorise des détachements soudains, y compris au-dessus de sentiers habituellement fréquentés.

Les conditions observées en juillet ressemblaient, selon les informations locales, à celles d’une fin d’été. Cette sécheresse précoce explique pourquoi le danger ne se limite pas aux heures les plus chaudes : même au cœur de la nuit, des pierres peuvent se détacher sans signe visible depuis l’itinéraire.

Cordée
Groupe d’alpinistes reliés par une corde pour progresser ensemble.
Voie normale
Itinéraire le plus couramment emprunté pour atteindre un sommet, sans être nécessairement sans danger.
Pergélisol
Sol ou roche durablement gelé qui contribue à maintenir certains blocs en place.

Réactions et décisions

Côté italien, des guides ont suspendu l’ascension du Mont-Blanc par la voie normale, jugeant que les vagues de chaleur fragilisaient le glacier. Les autorités n’avaient pas prononcé d’interdiction générale et d’autres itinéraires restaient praticables sur ce versant.

En France, Ricardo Mora, vice-président de la Compagnie des guides de Saint-Gervais-les-Bains, a indiqué que les ascensions se poursuivaient, tout en évoquant la possibilité d’une décision comparable à celle prise en 2022. Cette année-là, les compagnies de Chamonix et de Saint-Gervais avaient provisoirement suspendu les ascensions par la voie normale en raison des chutes de pierres.

La mairie de Saint-Gervais a également fait savoir qu’une fermeture des refuges pourrait être décidée si le phénomène s’étendait. Cette mesure aurait un effet immédiat sur l’accès à la voie normale, puisque les refuges structurent les étapes de l’ascension.

Ce que cela change

Pour les pratiquants français et les visiteurs qui préparent une course dans le massif, le risque ne se résume plus à la difficulté technique. La chaleur modifie rapidement l’état des itinéraires et peut rendre une traversée dangereuse alors qu’elle était encore envisageable quelques jours plus tôt.

Itinéraire de haute montagne dans le massif du Mont-Blanc
Les services de l’État appellent à la prudence sur les itinéraires exposés — France 3 Régions

Le drame montre aussi les limites d’une lecture classique du danger par horaire. Partir très tôt réduit souvent l’exposition à la chaleur, mais ne supprime pas les effets cumulés de plusieurs semaines de températures élevées. La décision de partir dépend donc de l’état réel du terrain, des recommandations des guides et des alertes locales.

Le même phénomène touche d’autres sommets alpins. À Zermatt, les guides recommandaient déjà de renoncer provisoirement à l’ascension du Cervin par l’arête du Hörnli. Ces décisions distinctes traduisent une même conséquence : la chaleur réduit la stabilité de secteurs longtemps considérés comme praticables en pleine saison.

Les prochaines étapes

Les ascensions restaient autorisées sur le versant français au moment des informations publiées. Les compagnies de guides, la mairie de Saint-Gervais et les services de secours devaient toutefois continuer à évaluer l’évolution des chutes de pierres. Une aggravation pourrait conduire à la suspension des courses guidées ou à la fermeture de refuges.

Les personnes ayant un projet d’ascension doivent consulter les consignes locales les plus récentes et vérifier les conditions auprès des professionnels du massif. Les autorités rappellent que des blocs peuvent se détacher sans avertissement, y compris sur des itinéraires fréquentés ou sous des zones rocheuses instables.

Questions fréquentes

Que s’est-il passé dans le couloir du Goûter le 15 juillet 2026 ?

Une chute de pierres a provoqué la dégringolade d’une cordée de trois alpinistes tchèques vers 2 h 30. Un guide et l’un de ses clients sont morts, et le troisième membre a été évacué à l’hôpital de Sallanches.

Pourquoi le couloir du Goûter est-il dangereux ?

Le passage est exposé à des chutes de pierres fréquentes. La chaleur, la sécheresse et la fonte du pergélisol diminuent la stabilité des blocs situés au-dessus de l’itinéraire.

L’ascension du Mont-Blanc est-elle interdite ?

Aucune interdiction générale n’était annoncée sur le versant français. Des guides italiens avaient en revanche suspendu la voie normale côté italien.

La chaleur augmente-t-elle le risque même la nuit ?

Oui. Les effets cumulés de la fonte et de la sécheresse peuvent provoquer des détachements soudains à toute heure, comme le montre l’accident survenu avant l’aube.

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Rédigé par

Jody Nageeb

Rédacteur en chef

Expert en tendances commerciales, sportives et de transport.

Cet article a été produit avec des outils éditoriaux assistés par IA et relu selon les normes éditoriales de Trend Digest avant publication.

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