Un vrombissement silencieux s'est fait entendre ce matin sur les pavés parisiens. Sous le ciel lourd du défilé militaire, la silhouette imposante et allongée d'un SUV inédit arborant une calandre lumineuse tricolore a descendu l'avenue des Champs-Élysées. À son bord, le président Emmanuel Macron a inauguré pour la Fête nationale sa toute nouvelle voiture officielle : la DS N°7 Élysée, un véhicule d'exception qui devient la première voiture présidentielle de l'histoire de la République dotée d'une motorisation 100 % électrique.

L'entrée du garage élyséen dans l'ère de l'électrique
Le constructeur DS Automobiles, marque haut de gamme du groupe Stellantis, a officialisé ce mardi 14 juillet la livraison de ce modèle hautement stratégique à la présidence de la République. Baptisé « DS N°7 Élysée », ce véhicule remplace la DS N°8 Présidentielle, qui avait été dévoilée l'année précédente pour les commémorations du 8 mai 2025. Il succède également à la Renault Rafale présidentielle utilisée lors du défilé de 2024.
Cette nouvelle mouture se distingue par sa motorisation entièrement électrique, tranchant radicalement avec l'ancienne motorisation hybride rechargeable de 300 chevaux qui équipait le DS 7 Crossback présidentiel utilisé depuis 2021. Sous le capot, ou plutôt sous le châssis, la DS N°7 Élysée embarque une mécanique solide : deux moteurs électriques pour une transmission intégrale de 350 chevaux, alimentés par une batterie d'une capacité de 97,2 kWh. D'après les caractéristiques de la version de série, ce système revendique une autonomie maximale de 740 km en cycle mixte WLTP. La voiture intègre une recharge ultra-rapide capable de récupérer 200 km d'autonomie en 10 minutes à peine.
Sous le blindage, un bureau mobile ultra-confortable
Le modèle élyséen ne s'apparente que de loin au véhicule qui rejoindra les concessions en septembre prochain. Pour s'adapter aux contraintes drastiques de la fonction de chef de l'État, cette version unique a été entièrement reconfigurée. L'empattement de la voiture a été rallongé de 25 centimètres par rapport au modèle de série, portant la longueur totale à 4,91 mètres. Cet espace supplémentaire a permis de transformer la banquette arrière en un véritable bureau de travail ambulant.

Pour assurer la sécurité du président, un blindage intégral a été intégré à la structure. Cette cure de renforcement a nécessité une adaptation lourde des trains roulants. Les ingénieurs ont greffé au véhicule une suspension oléopneumatique exclusive développée en Occitanie, assurant une synthèse optimale entre confort de premier ordre et tenue de route impitoyable face au surpoids du blindage. Des dispositifs très spécifiques complètent la dotation présidentielle, à l'instar de porte-fanions amovibles, de gyrophares discrets et de vitres arrière latérales équipées d'un surteintage d'intensité variable selon les impératifs de confidentialité.
Un défilé de savoir-faire artisanal et industriel français
Dans l'habitacle de la berline rehaussée, l'ambassade tricolore est totale. DS Automobiles a décliné un aménagement intérieur raffiné aux teintes gris clair pour le ciel de pavillon gainé d'Alcantara et Bleu Éternel pour les sièges en cuir Nappa, reprenant le motif signature en bracelet de montre. Un placage en bois de frêne sur la planche de bord intègre une gravure au laser représentant Marianne, tandis que les broderies « RF » apposées sur les portes signent la destination exclusive de l'engin.
Son développement et sa transformation ont fait appel à des compétences réparties sur l'ensemble du territoire national : blindage et aménagement du véhicule en Bretagne chez Centigon, batterie fabriquée dans les Hauts-de-France chez ACC, moteurs électriques fabriqués dans le Grand-Est, suspensions développées en Occitanie ou encore système audio développé et réalisé en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Bien que l'assemblage final de la version de série soit réalisé dans l'usine Stellantis de Melfi en Italie pour des raisons de rationalisation industrielle, DS insiste sur le caractère profondément français de la chaîne d'approvisionnement de ce projet de pointe. Ainsi, la batterie est fabriquée à Douvrin dans le Pas-de-Calais par l'entreprise ACC, le moteur électrique est produit sur le site de Metz-Trémery en Moselle et le blindage ultra-sécurisé a été conçu à Lamballe, dans les Côtes-d'Armor, par le spécialiste Centigon.
Un président passionné de nouveautés automobiles
Le renouvellement de cette voiture présidentielle illustre une nouvelle fois le goût prononcé du chef de l'État pour l'innovation mécanique. En multipliant les changements de véhicules officiels depuis son investiture en 2017 — passant du premier DS7 Crossback à un Peugeot 5008, puis à une Renault Rafale et enfin à la DS N°8 —, Emmanuel Macron confirme son statut de président le plus friand de nouveautés automobiles de la Ve République. Avant lui, les présidents s'étaient montrés beaucoup plus fidèles à leurs modèles officiels respectifs.

Pour DS, cette vitrine exceptionnelle s'avère être un levier commercial d'envergure. En faisant rouler sa DS N°7 Élysée devant les caméras du monde entier, la marque s'offre un coup de projecteur majeur. La DS N°7, qui succède officiellement au DS 7 en éliminant au passage les motorisations hybrides rechargeables au profit de l'hybride léger et du tout électrique, est d'ores et déjà disponible à la commande. Son lancement commercial officiel est programmé pour le mois de septembre prochain, avec des tarifs d'entrée de gamme s'élevant à 48 000 euros pour la version hybride de 145 chevaux et à partir de 58 420 euros pour la déclinaison électrique de 245 chevaux.
L'avenir du haut de gamme électrique tricolore
Si la présidence montre la voie à travers cette vitrine d'exception, les clients particuliers devront attendre la fin de l'année 2026 pour réceptionner les premiers exemplaires civils de la nouvelle DS N°7. Ce lancement coïncidera avec la stratégie de Stellantis visant à imposer la marque tricolore face aux constructeurs premium allemands traditionnels. En attendant de savoir si ce modèle rencontrera le même succès que la mythique DS 19 de Charles de Gaulle, le président actuel terminera son mandat à l'arrière d'un salon roulant totalement silencieux et écoresponsable.
Foire aux questions
Quelle est la voiture présidentielle d'Emmanuel Macron en 2026 ?
Depuis le 14 juillet 2026, le président de la République se déplace à bord de la DS N°7 Élysée, une version blindée, rallongée et 100 % électrique du nouveau SUV de DS Automobiles.
Quelle est l'autonomie de la DS N°7 Élysée présidentielle ?
La DS N°7 de série affiche une autonomie maximale de 740 km en cycle mixte WLTP grâce à sa batterie de 97,2 kWh produite en France. La version présidentielle, plus lourde en raison de son blindage intégral, devrait présenter une autonomie légèrement inférieure.
Où est fabriquée la DS N°7 ?
Les éléments clés de la DS N°7 présidentielle sont d'origine française : la batterie vient des Hauts-de-France, le moteur du Grand-Est et le blindage de Bretagne. Toutefois, l'assemblage final de la voiture de série est réalisé en Italie, dans l'usine Stellantis de Melfi.
Quel est le prix de la nouvelle DS N°7 pour le grand public ?
Les tarifs débutent à 48 000 euros pour la motorisation hybride de 145 chevaux et à partir de 58 420 euros pour le modèle de série 100 % électrique de 245 chevaux. Certains modèles haut de gamme peuvent approcher les 80 000 euros. Le prix exact de la version présidentielle blindée n'a pas été communiqué.
Qui a réalisé le blindage de la voiture présidentielle ?
Le blindage intégral répondant au cahier des charges de la présidence de la République a été réalisé en Bretagne par l'entreprise spécialisée Centigon, basée à Lamballe dans les Côtes-d'Armor.
Resources
Sources and references cited in this article.
