Livret A : 5 chiffres clés pour comprendre la hausse du taux à 1,7 %
C'est un arbitrage très attendu par des millions d'épargnants en France. Après des mois de baisse continue, le taux du Livret A s'apprête à rebondir cet été pour s'établir à 1,7 % au 1er août 2026. Cette décision, officialisée par le ministre de l'Économie Roland Lescure, marque un tournant après une longue période d'effritement du rendement de l'épargne réglementée.

Derrière les chiffres : le retour de l'inflation
Cette revalorisation intervient après deux baisses consécutives qui avaient ramené le taux du placement préféré des Français à 1,5 % au début de l'année. Ce plancher historique depuis 2022 s'expliquait par le net recul de la hausse des prix. Cependant, la donne géopolitique a bousculé ces prévisions. Les tensions et le conflit au Moyen-Orient ont provoqué une nouvelle flambée des prix de l'énergie au cours du printemps.
Selon les données définitives publiées par l'Insee, l'inflation a culminé à 2,4 % sur un an au mois de mai 2026, avant de refluer légèrement à 1,8 % en juin à la suite d'un apaisement relatif entre les États-Unis et l'Iran. C'est la moyenne de cette inflation semestrielle, combinée à l'évolution des taux interbancaires européens (€STR), qui a contraint la Banque de France à proposer ce relèvement technique, strictement conforme à la formule réglementaire sans coup de pouce gouvernemental.
Ce qui change concrètement pour votre portefeuille
Pour les 58 millions de détenteurs d'un Livret A en France, l'effet de cette hausse de 0,2 point restera toutefois modeste au quotidien. Le plafond global des dépôts sur ce livret étant fixé à 22 950 euros, un compte rempli au maximum générera désormais environ 390 euros d'intérêts annuels, contre 344 euros auparavant. Pour un encours moyen, qui s'établit autour de 7 554 euros, le gain sur les six prochains mois sera d'à peine 7,55 euros de plus.
Malgré cette hausse nominale, le rendement réel de l'épargne reste négatif. Face à une prévision d'inflation annuelle estimée à 2 % par l'Insee pour l'ensemble de l'année 2026, le taux de 1,7 % ne permet pas de maintenir totalement le pouvoir d'achat des capitaux déposés. Les épargnants continuent donc de subir une perte de valeur réelle de l'ordre de -0,40 % sur leurs fonds liquides.
Le cas du Livret d'Épargne Populaire (LEP)
Contrairement au Livret A et au LDDS, le Livret d'Épargne Populaire (LEP) n'augmentera pas mais ne baissera pas non plus. Le gouvernement a choisi de suivre la recommandation du gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, en maintenant son taux à 2,5 %. La formule de calcul brute donnait pourtant un résultat de 2,2 %. C'est un choix politique délibéré pour protéger le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes.
Ça reste le placement favori des Français et on va continuer à le suivre comme le lait sur le feu.
Le grand défi des autorités reste le manque de notoriété ou d'accès à ce produit. Alors que 31 millions de Français y sont techniquement éligibles sous condition de ressources — le plafond de revenu net fiscal de référence étant fixé à 23 028 euros pour une personne seule —, seuls 12 millions de livrets sont effectivement ouverts.
L'arbitrage vers l'assurance-vie
Cette revalorisation mesurée s'inscrit dans une volonté macroéconomique plus large : inciter les Français à diversifier leurs placements. Les sommes collectées sur le Livret A servent historiquement à financer le logement social et la politique de la ville. Relever massivement ce taux augmenterait le coût des emprunts pour les bailleurs sociaux, un scénario que l'exécutif souhaite éviter.
Cette politique porte ses fruits. Face à un rendement réglementé jugé trop faible, les Français ont retiré plus de 5 milliards d'euros du Livret A et du LDDS depuis le début de l'année 2026 au profit de l'assurance-vie. Cette dernière affichait un encours historique de 2 162 milliards d'euros à la fin mai, portée par des prévisions de rendement brut moyennes de 2,90 % sur les fonds en euros garantis.
Les prochaines étapes confirmées
Aucune démarche administrative n'est nécessaire pour bénéficier de ce nouveau taux. Le calcul à 1,7 % s'appliquera automatiquement dès la quinzaine du 1er au 15 août 2026. Ces conditions resteront figées pour les six prochains mois, la prochaine révision officielle étant d'ores et déjà programmée pour le 1er février 2027 en fonction de l'évolution des indicateurs économiques de l'automne.
Questions fréquentes
Quel sera le taux exact du Livret A au 1er août 2026 ?
Le taux passera officiellement de 1,5 % à 1,7 % net de fiscalité à partir du 1er août 2026, après validation par le ministère de l'Économie.
Pourquoi le taux du Livret A augmente-t-il à nouveau ?
Cette hausse est la conséquence mécanique du rebond de l'inflation au printemps (qui a atteint 2,4 % en mai), provoquée par la hausse des prix de l'énergie liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Le taux du LDDS va-t-il également être modifié ?
Oui, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) suit exactement les mêmes règles que le Livret A. Son taux passera donc lui aussi à 1,7 % au 1er août.
Qu'advient-il du taux du LEP pour les ménages modestes ?
Le taux du Livret d'Épargne Populaire (LEP) est maintenu à 2,5 %. Le gouvernement a choisi de le bloquer à ce niveau pour offrir un coup de pouce face à l'inflation, alors que la formule mathématique prévoyait une baisse à 2,2 %.
Quelles sont les conditions de ressources pour ouvrir un LEP en 2026 ?
Pour un célibataire, le revenu net fiscal de référence de l'année précédente ne doit pas dépasser 23 028 euros. Ce plafond s'ajuste à la hausse selon la composition du foyer fiscal.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
