Trump refuse de prolonger l’accord nord-américain, l’automobile retient son souffle

Donald Trump dit ne pas chercher à renouveler l’ACEUM, ravivant l’incertitude commerciale entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Trump menace l’ACEUM, Stellantis sous pression
Dernière mise à jourJun 11, 2026, 1:19:41 AM
il y a 3 semaines
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Trump refuse de prolonger l’accord nord-américain, l’automobile retient son souffle

1 600 milliards de dollars d’échanges en 2025 : c’est l’ampleur du commerce entre les États-Unis, le Canada et le Mexique que Donald Trump vient de replacer au centre d’un bras de fer politique. Mercredi 10 juin, le président américain a déclaré ne pas chercher à renouveler l’ACEUM, l’accord commercial qui a remplacé l’ALENA. La phrase tombe à quelques semaines de l’échéance du 1er juillet, date à laquelle les trois pays doivent dire s’ils prolongent ou non l’accord pour seize ans.

Donald Trump dans le Bureau ovale à la Maison-Blanche
Donald Trump a durci le ton sur l’accord commercial nord-américain — BFM

Ce qu’il faut retenir

  • Donald Trump a déclaré mercredi 10 juin qu’il ne cherchait pas à renouveler l’ACEUM, l’accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.
  • Le Canada et le Mexique ont demandé une prolongation de 16 ans, comme le prévoit le texte.
  • Si l’accord n’est pas prolongé au 1er juillet, il reste valable jusqu’à dix ans, avec une révision annuelle.
  • Le commerce entre les trois pays a atteint 1 600 milliards de dollars en 2025, selon les données du gouvernement américain citées par BFM.
  • Stellantis figure parmi les groupes automobiles les plus exposés à un éventuel durcissement des règles de contenu nord-américain.

Le récit des faits

La sortie de Donald Trump n’est pas une simple formule de campagne. Interrogé à la Maison-Blanche sur l’échéance du 1er juillet, le président américain a répondu qu’il ne cherchait pas à renouveler l’accord. Il a aussi affirmé que les États-Unis n’avaient pas besoin des biens canadiens ou mexicains, tout en accusant les deux voisins de devoir mieux traiter Washington.

Nous n’avons besoin de rien de ce que possède le Canada, nous n’avons besoin de rien de ce que possède le Mexique, mais eux ont besoin de tout ce que nous avons, a soutenu M. Trump aux journalistes dans le bureau Ovale. Et ils devraient nous traiter mieux.

Donald Trump, président américain

L’ACEUM, signé lors du premier mandat de Donald Trump, avait remplacé l’Accord de libre-échange nord-américain. Son mécanisme de révision donne aujourd’hui trois chemins possibles : prolongation de seize ans, retrait avec préavis de six mois, ou absence de prolongation sans retrait, ouvrant une séquence de révisions annuelles jusqu’à l’échéance de 2036. La Presse rapporte que cette dernière option alimente les spéculations autour de la stratégie américaine.

Donald Trump photographié lors d’une intervention publique
La date du 1er juillet concentre désormais l’attention des capitales nord-américaines — La Presse

Le Canada et le Mexique, eux, ont déjà fait connaître leur souhait. Le ministre canadien du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, et le ministre mexicain de l’Économie, Marcelo Ebrard, ont adressé des lettres à l’administration américaine pour demander une prolongation de seize ans. Washington a lancé des discussions avec Mexico, tandis que les négociations officielles entre Ottawa et Washington n’ont pas encore commencé.

Le désaccord s’inscrit dans une relation déjà tendue par les droits de douane. Les produits conformes à l’ACEUM échappent au droit de douane global actuel de 10 %, selon La Presse, mais le Canada et le Mexique restent touchés par des droits distincts sur l’acier, l’aluminium et l’automobile. Le cœur du conflit est donc très concret : l’accord sert de bouclier partiel, mais ce bouclier pourrait devenir plus instable si les révisions annuelles s’installent.

Pourquoi cela compte

Pour le Canada, l’enjeu dépasse la diplomatie. Selon Reuters, repris par Boursorama, l’accès au marché américain reste le principal argument du pays pour attirer les investisseurs étrangers. Le gouvernement de Mark Carney mène des missions commerciales en Asie et cherche à diversifier ses débouchés, mais les entreprises regardent encore le Canada comme une porte d’entrée vers le plus grand marché voisin.

Cette dépendance se voit dans les chiffres. Les États-Unis représentent près de 70 % des exportations canadiennes, contre 76 % un an plus tôt, selon les données mentionnées par Boursorama. Les exportations canadiennes vers les États-Unis ont totalisé environ 565 milliards de dollars canadiens l’an dernier, portées notamment par le pétrole brut, les véhicules automobiles, les pièces détachées et les machines.

Donald Trump répond à des questions dans le Bureau ovale
L’ACEUM protège une large part des échanges canadiens face aux droits de douane américains — Radio-Canada

L’industrie automobile est la zone la plus sensible, y compris vue de France. Zonebourse indique que Stellantis pourrait être particulièrement vulnérable si Washington durcit les règles d’accès aux exemptions tarifaires. La proposition évoquée prévoirait qu’au moins 50 % de la valeur d’un véhicule soit produite aux États-Unis, tandis que 40 % des composants stratégiques, comme les moteurs, transmissions et batteries, devraient provenir de zones à hauts revenus. Pour les pick-up, la part monterait à 45 %.

Pour Stellantis, dirigé par Antonio Filosa, le risque vient de modèles clés assemblés au Mexique, dont certains pick-up Ram et la Jeep Cherokee. Une règle plus stricte pourrait l’obliger à réorganiser une partie de sa production ou à absorber des coûts supplémentaires. À l’inverse, UBS juge Ford mieux placé, avec 82 % de sa production destinée à l’Amérique du Nord déjà localisée aux États-Unis, contre 64 % pour General Motors.

La suite à surveiller

Le calendrier est serré. Les parties ont jusqu’au 1er juillet pour indiquer si elles souhaitent prolonger l’accord pour seize ans. Si aucun renouvellement n’est acté, l’ACEUM reste en vigueur, mais sous surveillance annuelle pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans.

Un nouveau round de discussions entre les États-Unis et le Mexique est prévu à Washington à partir du 15 juin, selon BFM. Pour Ottawa, la question centrale reste l’ouverture de négociations officielles avec Washington. Pour les entreprises, le message est plus simple : tant que les règles ne sont pas stabilisées, chaque investissement nord-américain devra intégrer une part de risque politique.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’ACEUM ?

L’ACEUM est l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Il a remplacé l’ALENA et encadre une grande partie des échanges nord-américains.

Pourquoi Donald Trump refuse-t-il de renouveler l’accord ?

Donald Trump a déclaré que les États-Unis n’avaient pas besoin des biens du Canada ou du Mexique et a demandé que les deux pays traitent mieux Washington.

Que se passe-t-il si l’accord n’est pas prolongé le 1er juillet ?

L’accord reste en vigueur, mais il passe à un régime de révision annuelle pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans.

Pourquoi Stellantis est concerné par la révision de l’ACEUM ?

Selon Zonebourse, plusieurs modèles clés de Stellantis, dont certains pick-up Ram et la Jeep Cherokee, sont assemblés au Mexique, ce qui rend le groupe exposé à un durcissement des règles.

Quel est le poids commercial de l’accord nord-américain ?

Les échanges entre les États-Unis, le Canada et le Mexique ont représenté 1 600 milliards de dollars en 2025, selon les données citées par BFM.

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Rédigé par

Jody Nageeb

Rédacteur en chef

Expert en tendances commerciales, sportives et de transport.

Cet article a été produit avec des outils éditoriaux assistés par IA et relu selon les normes éditoriales de Trend Digest avant publication.

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