Dernière mise à jour : 15 juillet 2026 à 18 h 21
Fontainebleau : deux aveux volontaires, 2 000 hectares brûlés et un feu toujours actif sous terre
Deux jeunes hommes de 18 ans, dont un sapeur-pompier volontaire, ont reconnu mercredi 15 juillet leur implication volontaire dans des départs de feu survenus à Arbonne-la-Forêt et à Fontainebleau. Les deux incendies sont fixés, mais les secours restent confrontés à des braises enfouies capables de provoquer des reprises pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Le déroulement des événements
Le premier incendie majeur s'est déclaré le 12 juillet en bordure de l'autoroute A6 avant de gagner rapidement le massif de Fontainebleau. Les enquêteurs examinent notamment la piste d'un départ accidentel lié à des travaux près de l'autoroute, sans exclure une origine volontaire. Des gardes à vue se poursuivent dans ce volet distinct de l'enquête.
Le 13 juillet, d'autres départs ont été constatés à Arbonne-la-Forêt et près de la Faisanderie, à Fontainebleau. Une information judiciaire pour destruction par incendie a été ouverte. Deux suspects sans lien entre eux, un étudiant et un sapeur-pompier volontaire, ont reconnu leur implication volontaire et ont été présentés à un juge d'instruction. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.

Un autre homme de 46 ans a été interpellé sur un parking interdit au public après avoir franchi un ruban de sécurité. Des boulettes de papier journal et un briquet ont été aperçus dans son véhicule. Placé en garde à vue pour tentative de destruction par incendie, il a expliqué utiliser le papier dans ses chaussures et avoir conservé le briquet parce qu'il était ancien fumeur. Ces explications font partie des éléments examinés par les enquêteurs et ne permettent pas, à elles seules, d'établir sa responsabilité.
Sur le terrain, entre 800 et 950 pompiers restaient mobilisés mercredi selon les différents points de situation. Trois Canadair, un avion Dash et deux hélicoptères bombardiers d'eau participaient encore aux opérations. Les foyers n'évoluaient plus, mais l'extinction complète pourrait prendre des semaines ou des mois.
Les principaux acteurs
La procureure de Fontainebleau, Diane Ngomsik, dirige la communication judiciaire sur les différentes enquêtes. Elle distingue les départs du 13 juillet, pour lesquels les deux jeunes hommes ont reconnu une implication volontaire, du feu initial du 12 juillet, dont la cause reste à déterminer.
Les sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne concentrent désormais leurs efforts sur le « noyage » : ils arrosent les souches, les branches et les couches de sol encore incandescentes. Le porte-parole du service départemental d'incendie et de secours, Paul-Edouard Laurain, a expliqué que l'objectif était de traiter toutes les parties chaudes susceptibles de relancer les flammes.
Les agriculteurs locaux ont également apporté leur soutien en fournissant des citernes et en aménageant des réserves d'eau proches du front de feu. Parallèlement, les habitants ont multiplié les dons, au point que le service d'incendie a demandé que toute nouvelle proposition d'aide soit coordonnée au préalable afin de ne pas détourner les équipes de leur mission.
Les chiffres clés
- Près de 2 000 hectares ont été parcourus par les flammes dans le massif.
- Le principal incendie, parti près de l'A6, a touché environ 1 600 hectares.
- Le second foyer du secteur du Grand Parquet a ravagé environ 450 hectares.
- Entre 800 et 950 pompiers étaient encore présents mercredi.
- 80 chiens d'une pension menacée ont été évacués vers un gymnase et une salle de cinéma à Champagne-sur-Seine.
Ce que cela change
Le principal danger n'est plus un front de flammes avançant en surface, mais la combustion souterraine. La tourbe, mélange de sable et de matière organique décomposée, peut continuer à brûler sans signe visible. Ces « feux zombies » peuvent réapparaître plusieurs jours plus tard, parfois à plus de cent mètres du foyer initial. Les équipes utilisent donc des caméras thermiques et des drones pour repérer les points chauds en profondeur.

L'incendie touche aussi l'économie touristique. Les grimpeurs, très nombreux dans les hébergements locaux, ne peuvent plus accéder au massif fermé. Des annulations et un ralentissement des nouvelles réservations sont déjà signalés. Le château de Fontainebleau, Barbizon, Samois-sur-Seine, Bourron-Marlotte, les hôtels, les restaurants et plusieurs rendez-vous culturels restent toutefois accessibles.
La crise intervient dans un contexte de sécheresse particulièrement précoce. Les 99 départements métropolitains connaissent des restrictions d'eau sur tout ou partie de leur territoire, dont 43 au niveau de crise. Le gouvernement a annoncé son intention de préparer un plan d'investissement pour la forêt française, dont les modalités n'ont pas encore été précisées.
Les prochaines étapes
Les juges devront se prononcer sur la détention provisoire requise contre les deux suspects de 18 ans. L'enquête sur le départ du 12 juillet doit également déterminer si les travaux menés près de l'A6 ont provoqué accidentellement le premier feu ou si une autre cause doit être retenue.
La réouverture de l'autoroute A6 dépend à la fois de la sécurité incendie et du remplacement de matériaux endommagés. Une reprise progressive de la circulation a été évoquée, avec une limitation de vitesse et des restrictions. Plusieurs routes départementales et l'ensemble du massif forestier restent fermés au public.
Questions fréquentes
Les incendies de Fontainebleau sont-ils éteints ?
Non. Les deux principaux foyers sont fixés, ce qui signifie qu'ils ne progressent plus, mais des braises restent actives dans le sol.
Combien d'hectares ont brûlé à Fontainebleau ?
Près de 2 000 hectares ont été parcourus par les flammes depuis le 12 juillet 2026.
Qui a reconnu avoir allumé les feux ?
Deux jeunes hommes de 18 ans, un étudiant et un sapeur-pompier volontaire sans lien entre eux, ont reconnu leur implication volontaire dans des départs du 13 juillet.
Pourquoi les pompiers parlent-ils de feux zombies ?
La tourbe peut brûler sous terre sans flamme visible, puis provoquer une reprise plusieurs jours ou plusieurs semaines plus tard.
Peut-on encore visiter Fontainebleau ?
Le massif forestier demeure fermé, mais le château, plusieurs villages, hôtels, restaurants et activités culturelles restent ouverts.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
