Francis Heaulme renvoyé aux assises pour le meurtre de Jean-Joseph Clément
Un dossier refermé puis rouvert, une famille qui attend depuis plus de trente ans, et un accusé déjà condamné pour onze homicides. Mardi 16 juin 2026, Francis Heaulme a été renvoyé devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre de Jean-Joseph Clément, retrouvé mort en 1989 à Bédarrides, dans le Vaucluse. La décision a été confirmée par plusieurs médias, dont franceinfo, auprès de l'avocat Didier Seban, représentant la fille de la victime.

Le déroulé des faits
Jean-Joseph Clément, réparateur en machines agricoles ou agriculteur selon les sources, avait été retrouvé mort le 8 août 1989 près d'Avignon, le visage ensanglanté. Plusieurs médias rapportent que son crâne avait été fracassé par une pierre, un détail central dans ce dossier ancien.
Francis Heaulme avait été mis en cause au début de l'affaire. Il avait reconnu les faits en 1992, avant de se rétracter, puis avait bénéficié d'un non-lieu en 2002. Ce point explique la portée de la décision rendue en juin 2026: la justice ne relance pas simplement une piste, elle ouvre la voie à un procès dans une affaire qui semblait avoir quitté le calendrier judiciaire.
La réouverture de l'instruction en juillet 2023 a changé le cours du dossier. Elle a entraîné une nouvelle mise en examen de Francis Heaulme, puis le tribunal de Reims s'est dessaisi en février 2024 au profit du pôle dédié aux crimes sériels ou non élucidés de Nanterre.
La juge d'instruction de ce pôle a suivi les réquisitions du parquet de Nanterre, qui avait demandé fin avril un procès. L'avocate de Francis Heaulme peut encore faire appel de cette décision de renvoi, selon franceinfo.
Ce que révèle le fond du dossier
Ce dossier illustre le rôle nouveau pris par le pôle national des crimes sériels ou non élucidés, installé à Nanterre. Selon Le Monde, cette juridiction créée en mars 2022 a vocation à exhumer des enquêtes abandonnées par la justice.
La chronologie pèse lourd. Entre la mort de Jean-Joseph Clément en 1989, le non-lieu de 2002 et la réouverture de 2023, plus de trois décennies se sont écoulées. Pour la famille de la victime, ce délai n'est pas seulement judiciaire: il a repoussé pendant des années la possibilité d'une audience publique, d'un débat contradictoire et d'une décision sur le fond.
Francis Heaulme, 67 ans, a déjà été condamné pour onze homicides commis entre 1984 et 1992. Il purge notamment une réclusion criminelle à perpétuité. Son parcours judiciaire donne à ce nouveau renvoi une résonance nationale, car il s'inscrit dans la suite de condamnations qui ont marqué plusieurs régions françaises.
Les réactions
Didier Seban, avocat de la fille de Jean-Joseph Clément, a salué la décision auprès de franceinfo. Sa réaction compte car il porte la parole de la partie civile dans un dossier où l'attente familiale a traversé plusieurs décennies de procédure.
C'est une grande satisfaction de voir qu'au terme de ce combat Francis Heaulme est renvoyé devant une cour d'assises
Christine Clément, fille de la victime, a aussi exprimé son soulagement auprès de franceinfo.
On arrive tout doucement vers un procès, c'est un soulagement après toutes ces années
Le volet médical ajoute une tension concrète au calendrier. Début avril, Francis Heaulme a été hospitalisé à Nancy, dans une unité sécurisée accueillant des détenus venus des centres de détention du Grand Est. Le parquet du pôle « cold cases » n'a pas donné davantage de précisions sur son état de santé.
Ce que cela change
La décision ne vaut pas condamnation. Elle signifie qu'un procès peut être organisé devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine, sauf appel ou évolution procédurale. Pour le public, c'est une nuance essentielle: les assises devront examiner les éléments, entendre les parties et trancher.

Pour les proches de victimes de crimes anciens en France, ce renvoi donne aussi une portée symbolique au travail du pôle spécialisé de Nanterre. Il montre qu'un non-lieu ancien n'empêche pas toujours une reprise du dossier lorsque l'instruction est rouverte et confiée à une juridiction dédiée.
Le dossier rappelle enfin la difficulté des affaires sans témoin direct et vieilles de plusieurs décennies. Les traces matérielles, les auditions et les déclarations anciennes doivent être replacées dans un cadre judiciaire rigoureux, sans remplacer le débat de fond qui appartient à la cour d'assises.
La suite attendue
La prochaine étape dépendra d'abord d'un éventuel appel de la défense. Si le renvoi est confirmé, Francis Heaulme devra comparaître devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre de Jean-Joseph Clément.
Aucune date de procès n'a été précisée dans les éléments publiés. L'état de santé de Francis Heaulme, hospitalisé à Nancy au printemps, reste un élément suivi de près par la partie civile, qui espère que l'audience pourra se tenir.
Questions fréquentes
Pourquoi Francis Heaulme est-il renvoyé aux assises?
Il est renvoyé devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre de Jean-Joseph Clément, retrouvé mort en 1989 à Bédarrides. La juge d'instruction du pôle « cold cases » a suivi les réquisitions du parquet de Nanterre.
Qui était Jean-Joseph Clément?
Jean-Joseph Clément était un homme d'une soixantaine d'années, présenté comme réparateur en machines agricoles ou agriculteur selon les sources. Il a été retrouvé mort en août 1989 dans le Vaucluse.
Francis Heaulme avait-il déjà été mis en cause dans cette affaire?
Oui. Il avait été mis en examen une première fois en 1992, puis avait bénéficié d'un non-lieu en 2002. L'instruction a été rouverte en juillet 2023, entraînant une nouvelle mise en examen.
Le procès est-il déjà fixé?
Non. Les sources disponibles ne donnent pas de date d'audience. L'avocate de Francis Heaulme peut encore faire appel de la décision de renvoi.
Que signifie cette affaire pour les autres dossiers anciens?
Elle montre que le pôle national dédié aux crimes sériels ou non élucidés peut reprendre des dossiers bloqués depuis longtemps. Cela ne garantit pas une condamnation, mais permet un nouvel examen judiciaire.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
