Téléphone au volant ce lundi : plus de 500 permis déjà suspendus
Plus de 500 permis de conduire ont déjà été suspendus en France pour usage du téléphone au volant dans les départements qui ont durci les sanctions. Depuis ce lundi 15 juin 2026, les Deux-Sèvres deviennent le huitième territoire à appliquer cette possibilité. La mesure vise un geste encore très répandu, alors que le téléphone est lié à près d’un accident corporel sur dix selon la Sécurité routière citée par RMC et TF1.
Ce que l’on sait à ce stade
Les Deux-Sèvres rejoignent les Landes, l’Oise, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime, l’Ardèche et le Vaucluse. Le principe est simple : un conducteur surpris avec son téléphone en main peut désormais s’exposer, dans ces territoires, à une suspension administrative de permis décidée par le préfet.
Le durcissement arrive après une phase de prévention. Dans les Deux-Sèvres, Alouette indique qu’un mois de sensibilisation a précédé l’entrée en vigueur de la sanction. À partir du 15 juin, les automobilistes arrêtés avec le téléphone à la main ou à l’oreille peuvent voir leur permis suspendu pendant 15 jours.

Le bilan national donne déjà la mesure du changement. RMC fait état de plus de 500 permis suspendus depuis le 1er janvier 2026, dont 400 dans les Landes, premier département à avoir lancé le dispositif en novembre 2025. D’autres chiffres confirment une montée progressive : 21 suspensions dans le Pas-de-Calais, 38 dans le Lot-et-Garonne et 55 en Charente-Maritime depuis le 1er mai.
En Charente-Maritime, Alouette rapporte aussi 518 infractions relevées pour téléphone au volant entre le 1er mai et le 1er juin, avec 55 dossiers transmis à la préfecture pour examen ou suspension. Dans les Deux-Sèvres, la préfecture justifie le serrage de vis par un constat local : sur 163 accidents corporels l’an dernier, l’inattention est présentée comme le premier facteur, devant la vitesse et l’alcool.
- Suspension administrative
- Décision prise par l’autorité préfectorale, ici pour retirer provisoirement le droit de conduire après une infraction constatée.
- Accident corporel
- Accident de la route ayant entraîné au moins une blessure, même légère, chez une personne impliquée.
- Téléphone tenu en main
- Situation visée par les contrôles : le conducteur manipule ou garde son téléphone dans la main pendant la conduite.
La réponse des autorités
Dans les Deux-Sèvres, les autorités disent assumer une mesure lourde parce qu’elle touche directement la mobilité quotidienne, notamment celle des salariés qui conduisent pour travailler.
On se doute que la suspension d’un permis ce n’est pas neutre notamment pour les gens qui travaillent. L’objectif est de faire prendre conscience aux automobilistes que la route est un espace partagé et qu'il est impératif d’être concentré et ne pas être distrait par le téléphone
La Ligue contre la violence routière soutient aussi le durcissement. Son président, Jean-Yves Lamant, rappelle sur RMC que l’usage du téléphone modifie fortement la conduite : temps de réflexe multiplié par deux, distances d’arrêt et de réaction également doublées, champ de vision réduit de 35 % et attention réduite de 30 %, y compris avec le Bluetooth.
Le cadre national reste distinct de ces arrêtés préfectoraux. Selon 20 Minutes, tenir son téléphone en main au volant ou utiliser une oreillette expose déjà à 135 euros d’amende et à un retrait de 3 points. La suspension peut aller jusqu’à six mois si l’usage du téléphone est couplé à une autre infraction.
Ce que cela change pour vous
Pour les conducteurs français, le signal est clair : le téléphone n’est plus seulement une contravention coûteuse dans les départements concernés, il peut aussi empêcher de conduire dès les jours suivants. L’impact est particulièrement fort pour les personnes qui dépendent de leur voiture pour aller travailler, effectuer des livraisons ou assurer des rendez-vous professionnels.
TF1 rappelle que 80 % des conducteurs disent utiliser le téléphone au volant dans l’Hexagone. Ce niveau d’usage explique pourquoi les préfectures misent sur une sanction immédiate : un risque plus visible peut modifier les habitudes, surtout lors des périodes de contrôles renforcés.
Les premiers résultats cités par RMC montrent une baisse des infractions constatées de 10 à 25 % dans les Landes et en Charente-Maritime après la mise en place de la mesure. L’effet dépend toutefois de la continuité des contrôles et de la communication autour du dispositif : plus les automobilistes savent que la sanction est appliquée, plus le geste devient risqué au quotidien.
La suite attendue
L’extension aux Deux-Sèvres marque une nouvelle étape. TF1 évoquait déjà six départements appliquant la mesure et deux autres devant suivre ; avec l’entrée en vigueur du 15 juin, la liste atteint huit territoires.
La question centrale porte désormais sur une possible généralisation. Les sources ne mentionnent pas de calendrier national confirmé, mais les chiffres publiés ce lundi donnent aux pouvoirs publics un premier bilan concret : le dispositif produit des suspensions nombreuses et rend plus visible une infraction longtemps banalisée.
À retenir
- Plus de 500 permis ont déjà été suspendus pour usage du téléphone au volant dans les départements concernés.
- Les Deux-Sèvres appliquent la mesure depuis le 15 juin 2026, après une phase de sensibilisation.
- Les Landes concentrent le plus grand nombre de suspensions, avec environ 400 permis retirés.
- Tenir son téléphone en main reste puni de 135 euros d’amende et de 3 points en moins.
- Selon les données citées par RMC, les infractions ont reculé de 10 à 25 % dans certains départements déjà concernés.
Questions fréquentes
Quels départements suspendent le permis pour téléphone au volant ?
Les départements cités sont les Landes, le Pas-de-Calais, le Lot-et-Garonne, la Charente-Maritime, l’Ardèche, le Vaucluse, l’Oise et les Deux-Sèvres. Les Deux-Sèvres appliquent la mesure depuis le lundi 15 juin 2026.
Combien de permis ont déjà été suspendus ?
Selon RMC, plus de 500 permis de conduire ont déjà été suspendus dans les départements qui appliquent ce dispositif. Les Landes représentent la plus grande part du total, avec environ 400 suspensions.
Quelle sanction risque-t-on avec un téléphone à la main au volant ?
Le Code de la route prévoit une amende forfaitaire de 135 euros et un retrait de 3 points. Dans les départements concernés, une suspension du permis peut aussi être décidée, souvent pour 15 jours dans les cas cités.
Pourquoi les Deux-Sèvres durcissent-elles les sanctions ?
La préfecture met en avant l’inattention, présentée par Alouette comme le premier facteur des 163 accidents corporels relevés dans le département l’an dernier. La mesure vise à réduire les comportements distrayants au volant.
Le téléphone au volant augmente-t-il vraiment le risque d’accident ?
TF1 indique que l’usage du téléphone multiplie par trois le risque d’accident. RMC cite aussi Jean-Yves Lamant, selon qui le téléphone double les temps de réflexe et réduit fortement le champ de vision et l’attention.
Ressources
Sources et références citées dans cet article.
